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Il y a des soirs de défaite qui ont des airs plus tristes que d’autres. Ce dimanche 29 novembre au soir, face au Musée d’art de Sao Paulo (le « MASP »), sous la bruine et les bourrasques, quelques dizaines de jeunes militants de gauche au regard éteint se sont rassemblés. Histoire de se réconforter, ensemble, autour d’un peu de musique et de bière glacée, après la déroute de leur champion, Guilherme Boulos, aux municipales.
Tous y croyaient. Mais le candidat du Parti socialisme et liberté (PSOL), s’est finalement largement incliné au second tour du scrutin face au maire sortant de centre droit Bruno Covas, issu du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB). Malgré des sondages favorables et une bonne campagne menée tambour battant, M. Boulos n’a recueilli que 40,62 % des voix contre 59,38 % à son adversaire.
Chez les « boulistes », la déception est grande. « On a perdu une élection, mais gagné un candidat à la prochaine présidentielle ! », tente un orateur face à la petite foule du MASP. « Je suis très heureuse, j’ai même un sentiment de victoire !, insiste pour sa part Deborah, 29 ans, militante du PSOL. On a montré qu’une gauche rénovée, moderne, pouvait émerger. Depuis l’élection de Bolsonaro, on était sur la défensive. Maintenant, on relève la tête ! »
Au-delà de Sao Paulo, 38 millions de Brésiliens étaient appelés aux urnes ce 29 novembre pour départager les derniers candidats de 57 des quelque 5 500 villes du pays – un deuxième tour n’étant prévu que dans les municipalités comptant plus de 200 000 électeurs –, à l’exception de l’Etat d’Amapa (Amazonie), où de gigantesques coupures d’électricité ont forcé les autorités à reporter l’ensemble du scrutin au 6 décembre.
Déroute pour le Parti des travailleurs
Malgré une importante abstention (29,7 %) due au Covid-19, le scrutin a été salué pour sa bonne tenue et a même permis quelques échanges de fond, en particulier à Sao Paulo, où les deux candidats se sont affrontés lors de débats de haut niveau sans injure ni invective. « Il est possible de faire de la politique sans haine », a insisté Bruno Covas dans son discours de victoire : une allusion implicite aux outrances familières au président Jair Bolsonaro.
L’élection n’aura cependant pas tenu ses promesses en matière de diversité et de représentativité des élus. Malgré l’imposition de quotas et de règles contraignantes, selon les relevés du quotidien Folha de Sao Paulo, à peine 2 % des mairies du Brésil seront désormais dirigées par des Noirs et autour de 12 % par des femmes.
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