Moscou prétend maintenir le conflit « sous contrôle »

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Le président russe, Vladimir Poutine, le 26 février à Moscou.
Le président russe, Vladimir Poutine, le 26 février à Moscou. Alexei Druzhinin / AP

Les militaires turcs visés jeudi 27 février par des frappes de l’armée syrienne « se trouvaient dans les rangs de groupes terroristes ». La réaction du ministère russe de la défense, cohérente avec la position de Moscou qui qualifie tout combattant anti-Assad de « terroriste », laisse peu de place à l’ambiguïté : la Russie se tient fermement au côté de son allié syrien dans un moment de crise aiguë. Et si le message n’était pas clair, il est appuyé par l’envoi vers les côtes syriennes, également annoncé vendredi, de deux navires de guerre équipés de missiles de croisière Kalibr. Ankara a rejeté pour sa part la version russe des événements. « Aucun élément armé ne se trouvait au côté de nos unités au moment de cette attaque », a déclaré le ministre turc de la défense, Hulusi Akar, cité par l’agence de presse étatique Anadolu.

L’objectif stratégique fixé par Vladimir Poutine n’a pas varié depuis début de l’intervention de son armée en Syrie, en septembre 2015 : reconquête du territoire syrien pour le compte de Bachar Al-Assad, quel qu’en soit le prix, et marginalisation des puissances rivales, acculées à se retirer de la scène ou à négocier.

Les blocages de Moscou à l’ONU

Depuis cette date, le rouleau compresseur russe a fonctionné sans égard pour les pertes humaines massives causées par son aviation ni pour la réprobation internationale. Autant de fois que cela a été nécessaire, Moscou a bloqué, au Conseil de sécurité des Nations unies, les résolutions qui auraient pu entraver son action ou remettre dans le jeu les Occidentaux, y compris par le biais d’opérations humanitaires.

Aussi déterminé Moscou soit-il à soutenir l’offensive syrienne dans la région d’Idlib, l’épisode de jeudi et la mort de 33 soldats turcs constituent une escalade dangereuse et inconfortable pour la Russie, qui a pris soin de ménager le « partenaire » turc depuis le début du conflit.

En soulignant, vendredi, que les avions de combat russes n’avaient pas effectué de frappes dans la zone où se trouvaient les soldats turcs, et que la présence de ces derniers n’avait pas été communiquée, la partie russe offre ainsi à Ankara une porte de sortie qui ne conduise pas à une escalade directe avec Moscou. Le ministère russe de la défense précise également avoir obtenu au plus vite un cessez-le-feu pour permettre l’évacuation des blessés et des morts vers les lignes turques.

« Sauver les apparences »

La confrontation entre les deux puissances paraissait inévitable dès le début de l’offensive sur Idlib. Le 18 février, une dernière série de négociations avait permis d’acter les désaccords, chaque partie reprochant à l’autre d’avoir enfreint l’accord de Sotchi de septembre 2018 : la Russie, en soutenant l’offensive syrienne sur la province d’Idlib ; la Turquie, en n’abandonnant pas les combattants du mouvement djihadiste Hayat Tahrir Al-Cham.

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