Mort de l’acteur Soumitra Chatterjee, star du Bengale

0
61

[ad_1]

L’acteur Soumitra Chatterjee (au centre) reçoit le Dadasahab Phalke Award pour l’ensemble de sa carrière, le 3 mai 2012, à Delhi (Inde).

Il était acteur, homme de théâtre, mais aussi poète, peintre et militant politique engagé. Comme l’a dit l’écrivain Bishwanath Ghosh en apprenant la mort de Soumitra Chatterjee, dimanche 15 novembre à Calcutta (Bengale-Occidental), « l’arbre est tombé, mais son ombre demeure ». Atteint par le coronavirus, la star avait été hospitalisée le 5 octobre à la clinique Belle Vue, à deux pas du Mémorial de la reine Victoria. L’artiste a fini par succomber à une encéphalite consécutive à sa contamination, à l’âge de 85 ans.

C’est un monument du Bengale qui disparaît, dans une période sombre pour le cinéma indien, d’ordinaire le plus prolifique de la planète. Pour cause d’épidémie de Covid-19, les tournages dans le sous-continent ont redémarré au compte-gouttes cet été, et l’acteur a tout juste eu le temps de jouer les scènes d’un futur biopic consacré à sa vie, Abhijaan (l’expédition), avant de tirer sa révérence. « C’est la fin d’une époque à tous points de vue, estime l’acteur Rahul Vohra. Soumitra Chatterjee dominait le ciel du cinéma mondial, il aura exercé une énorme influence sur des générations d’acteurs. »

Icône incontestée du septième art en langue bengali, cet intellectuel de gauche avait démarré comme speaker sur les ondes de All India Radio, après des études littéraires, lorsque le plus grand réalisateur indien de tous les temps, Satyajit Ray (1921-1992), le repère dans un casting pour le dernier épisode d’Apu, en 1959, une trilogie passée à la postérité comme un chef-d’œuvre. Cette rencontre donnera lieu à de longues années de collaboration entre les deux hommes, à l’instar des tandems Mastroianni-Fellini ou Mifune-Kurosawa.

« Dernier lien avec l’âge d’or »

Grâce à Ray, l’aura de Chatterjee brille rapidement jusqu’en Occident, à défaut de planer sur Bombay, où la maîtrise de l’hindi demeure une condition sine qua non pour réussir. C’est l’un des paradoxes du disparu, monstre sacré du Bengale-Occidental où la population (100 millions d’habitants aujourd’hui) était en pâmoison dès qu’il récitait ses poèmes en public au célèbre Coffee House de College Street, qui était à Calcutta ce que les Deux Magots furent à Saint-Germain-des-Prés : il était plus connu en Europe qu’à Bollywood.

Soumitra Chatterjee, le 22 mai 1984, au Festival de Cannes pour présenter « La Maison et le monde », de Satyajit Ray.

Les films de Ray sélectionnés par le Festival de Cannes lui ont valu des promenades par quatre fois sur la Croisette. En 1960, pour Devi (la déesse), en 1961 pour Teen Kanya (trois filles), en 1989 pour Ganashatru (un ennemi du peuple) et en 1990 pour Shakha Proshakha (les branches de l’arbre). De même s’est-il vu dérouler le tapis rouge à plusieurs reprises à la Berlinale et à la Mostra de Venise.

Il vous reste 41.96% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: