mobiliser les Latinos, enjeu crucial pour Joe Biden

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Des militants démocrates suivent la rencontre entre Joe Biden et des représentants de la communauté latino, le 9 octobre à Las Vegas.

Le vote latino est un concept trompeur. Il n’y a pas grand-chose de commun entre les Latinos du Texas, installés de longue date dans l’Etat, plutôt en milieu rural, et les Latinos d’Arizona, concentrés dans le comté de Maricopa autour de Phoenix, nés à l’étranger dans une plus large proportion et plus anti-Trump. Ou encore les Latinos de Floride, dont un tiers sont d’origine cubaine et prorépublicains.

Quoi qu’il en soit, les Latinos sont maintenant la première minorité du pays : 60 millions en 2019 – dont 18,6 millions ont moins de 18 ans –, soit 24 millions de plus qu’en 2000. Et ils sont désormais plus nombreux que les Noirs dans le corps électoral, selon le Pew Research Center, avec 32 millions d’électeurs susceptibles de participer au scrutin du 3 novembre. Deux tiers d’entre eux vivent dans cinq Etats : la Californie (7,9 millions), le Texas (5,6 millions), la Floride (3,1 millions), New York (2 millions) et l’Arizona (1,2 million). L’enjeu est important aussi dans trois des principaux swing states : la Pennsylvanie compte 521 000 électeurs potentiels latinos, le Michigan 261 000 et le Wisconsin 183 000. En 2016, l’élection s’était décidée dans ces trois Etats, sur un total de 77 744 votes.

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L’enjeu, pour les candidats, est de les amener à s’inscrire sur les listes électorales. La participation latino – historiquement faible – a donné naissance à l’expression « le géant endormi » pour qualifier le vote hispanique, long à s’éveiller. En 2016, elle avait été de 47,6 %, contre 48 % en 2012, démentant les prévisions – et les espoirs démocrates – d’un surge (« poussée ») latino provoqué par la rhétorique anti-immigration de Donald Trump. « En général, les catégories qui votent le moins sont les jeunes, les pauvres et les non-diplômés. Beaucoup de Latinos se retrouvent dans ces catégories », explique Joseph Garcia, de l’association Chicanos por la causa.

« Gender gap »

Mais la participation latino est en progression. Selon un rapport du bureau du recensement, elle est passée de 27 % en 2014 à 40,4 % en 2018, deux ans après la victoire de Donald Trump, un record pour des élections de mi-mandat. Mais, globalement, elle reste inférieure à celle des Blancs non hispaniques (65,3 %), des Noirs (47 %) et des Asiatiques (56 %).

Cette année, les démocrates comptent particulièrement sur la mobilisation des jeunes (selon l’Association nationale des élus latinos, Naleo, plus de 60 000 jeunes atteignent chaque mois l’âge de voter), bien que ceux-ci aient plutôt choisi Bernie Sanders pendant les primaires. Ils comptent aussi sur les femmes, traditionnellement plus nombreuses à se rendre aux urnes : 43 % de participation en 2018 chez les Latinas, contre 37 % chez les hommes, un « gender gap » nettement plus important que parmi les autres électeurs américains. Selon un sondage du Pew Research Center, publié le 16 octobre et portant sur les inscrits, 67 % des Latinas préfèrent Joe Biden, contre 59 % des hommes.

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