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C’était le premier round et pour l’instant aucun des protagonistes n’est K.-O. Cette semaine, le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE) ont entamé les négociations pour tenter de définir ce que sera leur relation future, à compter du 1er janvier 2021. Car, à moins que Boris Johnson ne change d’avis et demande des prolongations, ce qui semble aujourd’hui peu probable, dans moins de dix mois Londres aura définitivement quitté la maison européenne.
Le négociateur en chef pour l’Europe, Michel Barnier, et son homologue britannique, David Frost, se sont vus lundi 2 mars, avant que leurs équipes – plus de cent personnes de chaque côté –, ne s’enferment dans le principal centre de congrès de Bruxelles pour discuter, entre mardi et jeudi matin. Des rencontres qui se sont faites sans qu’aucune poignée de main ne soit échangée, Covid-19 oblige. Dans une ambiance en apparence calme, contrastant étonnamment avec l’acidité des échanges entre Londres et Bruxelles ces dernières semaines.
« Pour être tout à fait franc, il y a beaucoup de divergence et des divergences très sérieuses », a commenté le négociateur en chef de la Commission, Michel Barnier, jeudi 5 mars lors d’une conférence de presse. « Les négociations vont être très difficiles », a-t-on renchéri côté britannique. Les deux parties, qui se retrouveront le 18 mars, partagent en tout cas le constat et les motifs de leur désaccord. « Ce qui n’a pas toujours été le cas », remarque un proche des négociations.
Premier point de désaccord : les conditions de concurrence équitables. Pour Bruxelles, le Royaume-Uni ne bénéficiera d’un accord commercial sans taxes ni quotas que s’il s’aligne sur les normes communautaires en matière d’environnement, d’aides d’Etat ou de droit du travail. Londres insiste sur l’exigence de ses propres lois, assure avoir un temps d’avance en matière climatique, et insiste sur le fait que le Royaume-Uni a jusqu’à présent été un des membres de l’UE ayant le plus faible recours aux aides d’Etat. « Ils nous disent qu’ils ont toujours l’ambition d’avoir des standards élevés, mais ne veulent pas traduire ces engagements dans un accord commun », déplore Michel Barnier.
La coopération judiciaire et policière en question
Il est un autre domaine où les positions semblent aujourd’hui inconciliables : celui de la coopération judiciaire et policière. Boris Johnson, qui veut rendre son « indépendance » à son pays, refuse de s’en remettre à la Cour de justice européenne en ce qui concerne l’interprétation du droit communautaire. Inenvisageable, répond Bruxelles. Le premier ministre britannique refuse aussi de continuer à appliquer la Convention européenne des droits de l’homme. Il s’agit d’une vieille demande des Brexiters. « Nous sommes engagés à respecter la Convention mais cela ne nécessite pas d’être intégré dans un accord international », précise Downing Street.
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