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Le commandant en chef a passé en revue les élèves officiers fraîchement diplômés de West Point [académie militaire dans l’Etat de New York], samedi 13 juin. Le temps était magnifique, il ne manquait pas un bouton d’uniforme sur le vaste terrain où le millier de cadets avaient pris place à bonne distance les uns des autres, coronavirus oblige, mais si les sous-entendus avaient pu vrombir, personne n’aurait pu entendre Donald Trump.
Une lettre ouverte signée par des centaines d’anciens de la prestigieuse école militaire avait mis en garde un peu plus tôt la nouvelle promotion contre « la politisation des forces armées » qui « fragilise le lien entre l’armée et la société ». En cause, la présence du secrétaire à la défense, Mark Esper, et celle du chef d’état-major, Mark Milley, aux côtés de Donald Trump, le 1er juin, lorsqu’une manifestation pacifique devant la Maison Blanche avait été dispersée sans ménagement.
L’ordre avait été donné pour que le président puisse s’afficher devant une église qui avait subi des dégâts mineurs dans des échauffourées en marge de manifestations contre les violences policières. Mark Esper avait regretté très vite. Mark Milley a été encore plus contrit cette semaine. « Je n’aurais pas dû être là (…). C’était une erreur dont j’ai tiré les leçons et j’espère sincèrement que nous pouvons tous en tirer des leçons », a-t-il assuré jeudi.
La confiance est désormais rompue
Donald Trump adorait les militaires à son arrivée à la Maison Blanche. Il les imaginait obéissants jusqu’à l’aveuglement, un peu bas de plafond et dotés d’une grosse voix. Il a découvert des érudits et des hommes plus préoccupés par le service de l’Etat que celui du président. Ce dernier s’en est lassé. Les généraux sont partis les uns après les autres.
Il avait déjà exaspéré en réhabilitant un membre des forces spéciales accusé de crime de guerre, passant outre la justice militaire. La confiance est désormais rompue. La publication le 23 juin du brûlot de son ancien conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, qui l’accuse de placer en toutes circonstances les intérêts de Donald Trump devant ceux du pays, ne devrait pas aider à ravauder son image.
Un autre faux pas a rendu encore plus manifeste la mauvaise passe que traverse le président, incapable de prendre la mesure des protestations déclenchées par la mort de George Floyd à Minneapolis, le 25 mai, soutenues par une large majorité d’Américains. Donald Trump se faisait une joie de renouer avec la grand-messe de ses meetings de campagne le 19 juin à Tusla, dans l’Oklahoma. Il rêvait depuis si longtemps d’une arène sportive comble de fidèles galvanisés, en totale contravention avec les recommandations de sa propre administration.
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