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La maire, Ada Colau, a bénéficié du soutien de Manuel Valls, provoquant la colère des indépendantistes catalans.
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C’est un retournement inattendu. La maire de Barcelone, l’ancienne militante pour le droit au logement proche de Podemos, Ada Colau, est parvenue à conserver la mairie de la cité catalane, samedi 15 juin. Une victoire de la gauche radicale rendue possible grâce à un accord avec le Parti socialiste catalan, et surtout au soutien de Manuel Valls, indispensable pour compléter la majorité absolue requise.
Sans le vote de l’ancien premier ministre français en faveur de la maire sortante, c’est le candidat indépendantiste de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), Ernest Maragall, arrivé en tête avec moins de 5 000 voix d’avance sur Ada Colau, qui aurait été investi maire de Barcelone.
Sur la place Sant Jaume, insultes, injures machistes, sifflets, jets d’œufs et même de bouteilles ont d’ailleurs attendu la sortie de Mme Colau, qualifiée de « traîtresse » par les quelque 2 000 indépendantistes catalans présents devant la mairie. M. Valls a quant à lui été reçu aux cris de « fasciste » et de « sale Français ».
Deux jours après les élections, l’ancien premier ministre français avait déjà annoncé son intention de donner ses voix à Mme Colau, sans rien exiger en échange, sans même négocier, pour éviter « le pire » : « que Barcelone ait un maire indépendantiste avec un candidat qui a annoncé qu’il mettrait la ville au service de la cause d’une République inexistante ». Durant la campagne, l’ex-maire d’Evry n’avait pourtant cessé d’attaquer la candidate de la gauche radicale, en la qualifiant de « populiste ».
« Responsabilité politique »
« Nous ne sommes pas allés chercher [les voix de Manuel Valls] et nous avons dit qu’elles nous incommodent », a souligné Mme Colau, laquelle a coutume de qualifier l’ancien socialiste de « candidat des élites ».
Alors que de nombreux éditoriaux et tribunes ont salué le « sens de l’Etat » et de la « responsabilité politique » de Manuel Valls, sa décision n’a pas été du goût de son allié, le parti libéral Ciudadanos (Cs). Leur plate-forme commune – Barcelone pour le changement-Ciudadanos –, forte de six élus municipaux (13 % des voix), s’est divisée. Manuel Valls et les deux membres indépendants de son équipe, l’ancien ministre socialiste du travail, Celestino Corbacho, et l’ex-sénatrice du parti nationaliste modéré Unio, Eva Parera, ont voté pour Mme Colau. Les trois élus de Cs ont voté blanc, suivant la ligne marquée par la direction du parti.
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