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Le plan de relance européen post-Covid n’en finit pas de soulever les controverses sur la scène politique polonaise. Ce dispositif, capital pour la cohésion de l’Union européenne, est devenu otage des intrigues politiques au sein de la majorité et des luttes partisanes avec l’opposition. Négocié dans la douleur en juillet 2020 par le Conseil européen, le plan de relance prévoit 750 milliards d’euros de subventions et de prêts préférentiels pour les Etats membres, dont la Pologne serait, avec 62 milliards d’euros, le cinquième bénéficiaire. Pour entrer en vigueur, le plan doit être ratifié par tous les Etats membres.
Après son adoption par le Conseil, le plan faisait l’objet d’une quasi-unanimité entre la majorité nationale conservatrice du PiS (Droit et justice) et l’opposition démocratique polonaise, au nom de l’intérêt national transpartisan sur les questions internationales. Seul le microparti du sulfureux ministre de la justice, Zbigniew Ziobro, représentant de la frange la plus radicale de la majorité, avait appelé à mettre son veto au texte lors des négociations au Conseil et a annoncé qu’il s’opposerait à sa ratification.
Mais cette quasi-unanimité parlementaire, inédite en Pologne, a brusquement volé en éclats quand le PiS a publié, fin février, les détails de son « plan national de reconstruction », un texte qui dévoilait la manière dont le gouvernement prévoit de dépenser l’argent du plan de relance européen. Le projet a récolté une pluie de critiques des collectivités locales et des ONG. Et bien que ce plan national n’ait pas l’obligation formelle de passer par la case parlementaire, les principaux partis d’opposition ont posé leurs conditions pour la ratification du plan de relance européen : les fonds doivent être dépensés de manière transparente, en consultation avec les collectivités locales, et non, comme il est d’usage depuis cinq ans, essentiellement en faveur des communes et des régions acquises au PiS.
La fracture est de taille
Une situation inédite : pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir en 2015, le parti de Jaroslaw Kaczynski, qui n’a jamais passé le moindre compromis avec ses adversaires politiques, se retrouve sans majorité et se voit obligé de compter sur les voix de l’opposition. Au sein de son propre camp, la fracture est de taille : les 17 députés fidèles à M. Ziobro s’opposent fermement à la conditionnalité des fonds au respect de l’Etat de droit, à l’augmentation des fonds propres de l’UE et à la mutualisation de la dette, soutenant que « la souveraineté nationale n’est pas monnayable ».
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