manifestations et concerts de casseroles contre le président Duque

0
115

[ad_1]

Des manifestants défilent à Bogota contre la politique du président colombien Ivan Duque, le 21 novembre.
Des manifestants défilent à Bogota contre la politique du président colombien Ivan Duque, le 21 novembre. Ivan Valencia / AP

Le mouvement lancé par des syndicats de travailleurs a connu un effet boule de neige en Colombie. A la grève et aux marches convoquées par les organisations sociales, se sont joints, jeudi 21 novembre, les étudiants, les indigènes, des organisations de défense de l’environnement et d’opposition, dénonçant les politiques du gouvernement de droite.

« La Colombie a gagné en cette journée historique de mobilisation citoyenne », a estimé dans un communiqué le Comité national de grève, regroupant les organisateurs, qui ont sollicité une réunion « immédiate » avec M. Duque et appelé « les citoyens à se tenir prêts à mener de nouvelles actions dans la rue si le gouvernement persiste dans son indifférence face aux revendications »

Dans la soirée, le président a affirmé avoir entendu les manifestants, mais n’a pas répondu à la requête de dialogue direct. « Aujourd’hui, les Colombiens ont parlé. Nous les entendons. Le dialogue social a été la bannière principale de ce gouvernement. Nous devons l’approfondir avec tous les secteurs de cette société », a-t-il déclaré.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi En Colombie, la politique sécuritaire du président contestée

Des incidents

Cette mobilisation intervient dans un climat agité en Amérique latine, avec des crises sociopolitiques, sans dénominateur commun, déclenchées en Equateur, puis au Chili et en Bolivie. La journée, globalement pacifique, s’est achevée par des incidents violents et des concerts de casseroles, du jamais vu en Colombie. Les organisations à l’origine du mouvement ont indiqué à l’Agence France-Presse (AFP) que plus d’un million de personnes avaient défilé dans le pays.

Lire aussi Une exigence planétaire : reconquérir la démocratie

La ministre de l’intérieur, Nancy Patricia Gutierrez, a pour sa part fait état de près de 207 000 manifestants, ajoutant qu’« en termes généraux les participants ont marché de manière pacifique », mais dénonçant « quelques vandales qui veulent altérer l’ordre public ». Au moins 42 civils et 37 policiers ont été blessés au cours d’affrontements, et 36 personnes arrêtées dans tout le pays, selon le bilan des autorités.

Un fort « cacerolazo » ou concert de casseroles, convoqué via les réseaux sociaux, a clos la journée pour dénoncer des violences de policiers antiémeute. A Bogota, il a duré plus de deux heures. Les casseroles ont aussi résonné notamment à Cali (ouest), troisième ville du pays, où un couvre-feu a été décrété par le maire de 19 heures à 6 heures locales en raison de « faits violents » et de « pillages ». Des habitants armés y surveillaient des immeubles et des résidences pour éviter des vols, a constaté un photographe de l’AFP.

Dans le centre de la capitale, des affrontements ont eu lieu à la tombée de la nuit, des personnes cagoulées, ou la tête couverte d’une capuche, jetant des pierres et autres projectiles contre les forces de l’ordre, qui ripostaient avec des gaz lacrymogènes.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi En Colombie, les ex-guerilleros des FARC tentés par un retour dans le maquis

Un nouveau concert de casseroles a été convoqué pour vendredi après-midi, alors que de jeunes manifestants ont continué de défiler jusqu’en début de soirée dans Bogota, au cri de « Vive la grève nationale », a constaté une journaliste de l’AFP.

Dans l’après-midi, des étudiants qui marchaient vers l’aéroport international avaient été stoppés par la police à coup de grenades assourdissantes, a constaté un autre reporter de l’agence. Au cours de la journée, plusieurs cortèges avaient convergé vers la place Bolivar, cœur historique de Bogota, proche de la présidence. Dans la foule, des dizaines d’indigènes. « Nous espérons que la violence cesse dans nos territoires (…) que la paix soit mise en œuvre et qu’on arrête de nous tuer », a déclaré un de leurs leaders, Luis Fernando Arias.

Intervention de la police lors des manifestations à Bogota, le 21 novembre.
Intervention de la police lors des manifestations à Bogota, le 21 novembre. Ivan Valencia / AP

Un président impopulaire

« Nous sommes fatigués de la corruption, de l’impunité, que le gouvernement ne fasse rien pour les pauvres », a expliqué à l’AFP Olga Cañon, femme au foyer de 55 ans.

A Medellin (nord-ouest), deuxième ville du pays, Rodrigo Londoño, ex-chef de la guérilla des Farc et aujourd’hui du parti homonyme créé depuis l’accord de paix de 2016, a dit espérer « que le gouvernement écoute le peuple ».

Cette mobilisation intervient alors que M. Duque, qui n’a pas de majorité au parlement, pâtit d’une impopularité de 69 % selon les sondages. Son parti, le Centre démocratique (CD), a subi de sérieux revers lors des élections locales d’octobre.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi En Colombie, regain de violence politique avant les élections locales

Le chef de l’Etat « va devoir ouvrir plusieurs fronts de dialogue avec les organisations sociales d’une part, et les partis politiques d’une autre, pour tenter d’amplifier la base de son gouvernement », a déclaré à l’AFP le politologue Yann Basset, de l’université du Rosario à Bogota.

Outre une politique de sécurité focalisée sur la lutte antidrogue, les manifestants dénonçaient des velléités du gouvernement de flexibiliser le marché du travail, d’affaiblir le fonds public des retraites en faveur d’entités privées, et de reculer l’âge de la retraite.

Les étudiants réclament en outre des moyens pour l’enseignement public, et les indigènes des mesures de protection après l’assassinat de 134 d’entre eux depuis l’arrivée de M. Duque au pouvoir en août 2018.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi En Colombie, le long bras de fer entre les Indiens et le gouvernement

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: