L’université d’Amsterdam rattrapée par le mouvement #metoo

0
218

[ad_1]

L’inaction de l’institution face au comportement « inapproprié » d’un professeur avec ses collègues et ses étudiantes a été mise au jour par l’enquête fouillée de deux journalistes.

Par Publié aujourd’hui à 02h21

Temps de Lecture 4 min.

Article réservé aux abonnés

Un professeur de l’université d’Amsterdam (UvA) récompensait les élèves qui succombaient à ses avances avec de bonnes notes.
Un professeur de l’université d’Amsterdam (UvA) récompensait les élèves qui succombaient à ses avances avec de bonnes notes. BUTCH DILL / AP

LETTRE DES PAYS-BAS

« Un huit [sur dix] pour une nuit » : la formule est plus parlante encore en néerlandais (« Een acht voor een nacht ».) A la respectable université d’Amsterdam (UvA), elle avait été inventée par les étudiants et des collègues de R. B., 46 ans, éminent spécialiste du droit du travail, président d’un groupe d’études. Cet enseignant semblait récompenser ainsi celles qui succombaient à ses charmes. Ou à ses assauts.

R. B., personnage flamboyant, était connu pour ses costumes roses façon années 1970, sa perruque et la grande croix qu’il portait parfois au cou. Il était, pour beaucoup, un bon vivant charismatique, un enseignant qui n’étonnait pas vraiment dans une institution et une ville soucieuses de liberté avant tout.

Images pornographiques

Ni l’université ni lui-même n’avaient vu venir le phénomène #metoo mais, quand il a frappé les Pays-Bas, le professeur est rapidement tombé de son piédestal : l’homme qui exigeait des collègues et des étudiantes qu’il côtoyait qu’elles aient les ongles peints, les cheveux longs et qu’elles portent toujours des talons hauts a été suspendu, puis il a démissionné, à la fin de 2018. Il avait « des comportements inappropriés » et entretenait « une atmosphère de travail insécurisante », a conclu une enquête de l’UvA.

Il était temps : R. B. était membre de cette université depuis une vingtaine d’années et à aucun moment celle-ci, pourtant avertie de la réputation de harceleur que s’était forgé l’intéressé, notamment en marge de congrès auxquels il participait, n’avait jugé utile de s’inquiéter de son comportement. Même quand il diffusait à la ronde des images pornographiques, de lui et d’autres, se livrait à des remarques à caractère sexuel ou agrippait une de ses collègues en soulevant ses vêtements. Et même si la rumeur d’une réussite possible aux examens en échange d’une relation avec lui courait à grande vitesse.

Intrigués par cette affaire et le silence pesant qui l’a entourée, deux journalistes du quotidien NRC Handelsblad s’y sont intéressés de très près : plusieurs mois d’enquêtes, 35 témoignages collectés et, au final, cinq pages publiées au seuil de l’été dans ce journal de référence. Clara van de Wiel et Hugo Logtenberg ont distingué dans cette affaire un double symbole. Celui du comportement classique – et du malaise – des institutions les plus respectables face aux comportements déviants de certains de leurs membres. Et celui de leur incapacité à les prendre en compte, puis à les réprimer.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: