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Seize minutes. C’est le temps que les chefs d’Etat et de gouvernement européens, qui se retrouvaient virtuellement jeudi 19 novembre dans la soirée, ont consacré au plan de relance de 750 milliards d’euros et au budget communautaire 2021-2027 de 1 074 milliards, auxquels la Pologne et la Hongrie avaient mis un véto trois jours plus tôt. Varsovie et Budapest refusent en effet l’une des conditions qui accompagne ce paquet financier et qui stipule que le versement des fonds européens doit être lié au respect de l’Etat de droit.
Certes, il y a urgence à trouver une solution alors que la deuxième vague de la pandémie fait de nouveaux ravages, sanitaires et économiques. Mais les Vingt-Sept ne souhaitaient pas engager des négociations dont ils savent qu’elles seront compliquées et qu’un rendez-vous par visioconférence ne permet pas de mener à bien. Ils ne voulaient pas non plus donner à voir l’image d’une Europe qui se déchire de nouveau, après s’être félicités d’avoir su trouver, le 21 juillet, un accord historique. Au terme de quatre jours et de quatre nuits de tractations, ils avaient dessiné l’ébauche d’une Europe plus fédérale et solidaire, avec un plan de relance, financé par une dette commune, qui distribue des aides aux pays les plus fragilisés par la pandémie.
Le président du Conseil, Charles Michel, avait d’ailleurs insisté auprès de ses hôtes pour que la discussion, jeudi, « reste sous contrôle », confie-t-on dans son entourage. L’ex-premier ministre belge a appelé à une solution aussi rapidement que possible. Quant à la chancelière Angela Merkel, qui s’est exprimée parce que l’Allemagne occupe la présidence tournante de l’Union, elle s’est contentée de rappeler les différentes étapes qui ont suivi l’accord politique de juillet pour lui donner corps et de constater le blocage. « Minimaliste », constate un diplomate.
Nouvelle crise
Pour le reste, seuls les frondeurs ont pris la parole. Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, a été bien plus sobre qu’il n’a pu l’être ces derniers jours, quand il disait, par exemple, craindre que Bruxelles lui coupe les vivres pour sanctionner sa politique antimigrants. Son homologue polonais, Mateusz Morawiecki, a expliqué, pour sa part, redouter que « le mécanisme Etat de droit soit utilisé pour imposer des mesures à son pays ». Quant au Slovène Janez Jansa, qui ne s’est pas opposé formellement au budget européen, il est intervenu pour soutenir Varsovie et Budapest. « Aucun d’eux n’a dit ce qu’il voulait », précise un diplomate.
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