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Vingt ans de détention pour le diplomate iranien Assadollah Assadi et des peines de quinze ans à dix-huit ans pour ses trois complices, des Belgo-Iraniens qui agissaient sous les ordres de celui que le tribunal correctionnel d’Anvers a décrit comme « le cerveau opérationnel » d’un attentat qui devait avoir lieu en France, à Villepinte (Seine-Saint-Denis), le 30 juin 2018. Une bombe devait y exploser lors d’un meeting de l’opposition au régime de Téhéran.
Jeudi 4 février, les juges ont suivi presque à la lettre les réquisitions du parquet fédéral qui avait retenu contre les quatre inculpés les accusations de tentative d’assassinat à caractère terroriste et de participation à un groupe terroriste.
« C’est un verdict historique avec, pour la première fois, la condamnation officielle d’un diplomate », commente Maryam Radjavi, présidente du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), la coalition de l’opposition au régime.
Amir Saadouni et sa compagne, Nasimeh Naami, avaient été arrêtés à Bruxelles le jour du meeting, alors qu’ils transportaient l’engin explosif que leur avait remis Assadi, deux jours plus tôt, à Luxembourg. La bombe, à base de peroxyde d’acétone (TATP), avait été fabriquée en Iran et transportée dans une valise diplomatique, à bord d’un avion de ligne. Un service de renseignement étranger – sans doute le Mossad israélien – avait intercepté des conversations évoquant l’attentat. Le quatrième membre du groupe, le poète Mehrdad Arefani, avait été arrêté à Villepinte. Il sera, comme ses deux comparses, déchu de sa nationalité belge.
L’Iran condamne la sentence
Les juges ont désigné une sous-section du ministère iranien du renseignement et de la sécurité (MOIS) comme l’instigatrice du projet. Ils ont également reconnu l’implication d’un « nombre indéterminé » d’agents iraniens. Le tribunal a, en revanche, refusé de désigner clairement les plus hautes autorités du régime de Téhéran comme les véritables commanditaires de l’action, estimant que les preuves de leur participation étaient insuffisantes.
L’Iran a d’ores et déjà condamné « fermement » la sentence prononcée contre son diplomate par la voix du porte-parole de sa diplomatie, Said Khatibzadeh. « Toutes les étapes de l’arrestation de M. Assadi, le processus judiciaire et le verdict sont illégaux et vont à l’encontre du droit international », a-t-il soutenu.
Le CNRI, la coalition d’opposition visée à Villepinte, soutient, de son côté, que c’est bien le Conseil suprême de sécurité, sous l’autorité du président Hassan Rohani, qui avait décidé du projet, validé ensuite par le Guide suprême Ali Khamenei et mené en coopération avec le ministère des affaires étrangères. « Il est, en tout cas, affreux de constater que des agents iraniens agissent de cette manière en Europe », commente Me Georges-Henri Beauthier, l’un des avocats de l’opposition.
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