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La nuit est tombée depuis longtemps sur Madrid, mais dans les pavillons du palais des foires, l’Ifema, des dizaines d’ouvriers s’affairent encore pour avancer le montage des stands et des deux amphithéâtres destinés aux assemblées plénières de la 25e conférence mondiale sur le climat. Des lumières couronnent déjà le plafond, et des planches en bois dessinent le contour de la future scène. Mais l’essentiel reste à faire. Organiser la grand-messe du climat dans la capitale espagnole, du 2 au 13 décembre, ressemble à une course contre la montre.
Des dizaines de travailleurs ne comptent plus leurs heures depuis que le gouvernement espagnol a annoncé qu’il offrait au Chili d’accueillir la COP, délocalisée à Madrid du fait de la violente crise sociale qui a éclaté à Santiago. Le directeur général de l’Ifema, Eduardo Lopez-Puertas, résume cette frénésie en une phrase : « C’est une folie, oui, mais une très belle folie. »
L’annulation de dernière minute du Chili est inédite dans l’histoire des négociations climatiques. « C’est presque un miracle de réussir à organiser en un mois ce que d’autres pays font d’habitude en une petite année. L’Espagne réalise un effort extraordinaire pour que la COP25 fonctionne », estime Paul Watkinson, membre du bureau de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), dont le secrétariat coorganise la conférence.
Tout est allé très vite. Le 31 octobre, M. Lopez-Puertas a reçu le premier coup de fil de la ministre de la transition énergétique Teresa Ribera, lui demandant les disponibilités du site. « Au fil des demandes, l’espace prévu a grimpé à 113 000 m2 », décompte-t-il. Dès le 4 novembre, la machine de l’Ifema s’est mise en marche. Les fournisseurs habituels ont été mobilisés, avec près de 1 500 personnes pour monter les sept pavillons dédiés à la COP. Madrid a recruté en un temps record plus de 400 volontaires, qui s’ajoutent aux 200 fournis par les Nations unies.
Les pays en développement craignent d’être sous-représentés dans une COP25 de nouveau « européanocentrée »
« L’Espagne a assumé le défi d’organiser le sommet parce que ni l’ONU ni la communauté internationale ne veulent laisser tomber l’agenda climatique dans un moment-clé », a résumé Mme Ribera, jeudi 21 novembre, soulignant la nécessité de « donner une réponse cohérente à la sensation d’urgence actuelle » face au dérèglement du climat.
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