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L’ONU a mis en garde vendredi 24 juillet contre un « usage disproportionné » de la force envers les manifestants antiracistes dans les villes américaines, et s’est inquiété de possibles « détentions arbitraires ».
« Les manifestations pacifiques qui se sont déroulées dans les villes aux Etats-Unis, comme à Portland, doivent pouvoir se poursuivre », a déclaré la porte-parole du Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Elizabeth Throssel, lors d’un briefing virtuel. Manifestants et journalistes couvrant la manifestation doivent pouvoir le faire sans risquer « des arrestations arbitraires ou la détention, ni être soumis à un usage disproportionné de la force », a-t-elle ajouté.
De nombreuses vidéos publiées sur les réseaux sociaux depuis une semaine montrent ces agents fédéraux en tenue paramilitaire et sans badge visible d’identification surgir de véhicules banalisés pour interpeller des manifestants. Selon des documents soumis à un tribunal de l’Oregon par le responsable de cette « force de déploiement rapide », ces hommes en treillis de camouflage intervenant à Portland seraient issus de trois contingents du ministère de la sécurité intérieure : le service de protection fédéral, la police de l’immigration (ICE) et l’agence des douanes et de la protection des frontières (CBP). « Les autorités doivent garantir que les forces de sécurité fédérales et locales sont clairement identifiées et utilisent la force uniquement lorsque c’est nécessaire, et selon les normes internationales », a poursuivi Mme Throssel.
Enquête officielle
Une enquête officielle a été ouverte jeudi par le ministère de la justice américain sur l’action très controversée de policiers fédéraux à Portland, où des heurts opposent presque toutes les nuits les forces de l’ordre à des manifestants antiracistes. Plusieurs autres procédures en justice ont été, elles, lancées par des plaignants contestant la mobilisation des forces fédérales, accusées par certains de se comporter comme des commandos paramilitaires.
Le maire de Portland lui-même, Ted Wheeler, a parlé d’une « réaction disproportionnée » des agents fédéraux, après avoir été aspergé de gaz lacrymogène mercredi soir alors qu’il allait à la rencontre des manifestants. « Je n’ai rien vu qui justifie » cette utilisation de gaz lacrymogène.
Le mouvement a commencé voici plus de cinquante jours, comme ailleurs dans le pays, après la mort d’un Afro-américain, George Floyd, asphyxié fin mai sous le genou d’un policier blanc. Le président Donald Trump a ordonné le déploiement d’agents fédéraux dans plusieurs villes, comme Chicago, pour « rétablir l’ordre », suscitant un tollé notamment chez des responsables démocrates.
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