L’ombre de Damas sur l’explosion du port de Beyrouth

0
84

[ad_1]

Vue du port de Beyrouth, le 9 décembre 2020, où où s’est produit l’ explosion du 4 août 2020.

Le pouvoir syrien aurait-il partie liée avec l’acheminement, dans le port de Beyrouth, de la cargaison de nitrate d’ammonium à l’origine de l’explosion dévastatrice du 4 août 2020 ? C’est ce que suggère une enquête diffusée il y a quelques jours, sur la chaîne privée libanaise Al-Jadeed. Son auteur, le journaliste Firas Hatoum, y fait trois révélations, susceptibles de donner à cette affaire une dimension nouvelle.

Le documentaire établit tout d’abord que la commande des 2 750 tonnes de produit chimique, dont la mise à feu a causé la mort de plus de 200 personnes et ravagé des quartiers entiers de Beyrouth, n’a pas été passée par la société mozambicaine à laquelle on les disait jusque-là destinées, Fabrica de Explosivos de Moçambique. C’est une compagnie domiciliée à Londres, Savaro, qui a signé le contrat d’importation, le 10 juillet 2013, avec une usine géorgienne, Rustavi Azot.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Quatre mois après l’explosion de Beyrouth, un pays au point mort

Deuxième découverte, Savaro arbore tous les signes distinctifs d’une société-écran. Très peu d’employés, une activité quasi inexistante et une directrice de nationalité chypriote, qui est listée, dans une base de données internationale, comme la responsable de plus de 150 autres sociétés, dont plusieurs basées au Panama.

La troisième trouvaille est la plus intrigante : Savaro partage la même adresse, sur les bords de la Tamise, que deux sociétés dirigées par des hommes d’affaires syro-russes, proches du régime Assad et placés à ce titre sous sanctions par les Etats-Unis : George Haswani, patron de Hesco Engineering and Construction Company et Imad Khoury, fondateur d’IK Petroleum Industrial Company.

« Piste très intéressante »

Selon Firas Hatoum, sur les 70 sociétés à utiliser cette boîte à lettres londonienne, seule Hesco et IK Petroleum sont réellement actives. L’agence Reuters, qui s’est plongée dans le registre du commerce en ligne britannique, ajoute que Hesco et Savaro se sont enregistrées à cette adresse le même jour de la même année, ce qui réduit le risque d’une simple coïncidence.

Autre indice troublant, le frère d’Imad Khoury, Moudalal Khoury, a été placé, lui aussi, sous sanctions américaines, pour avoir tenté d’importer du nitrate d’ammonium vers la Syrie en 2013, l’année même où ce produit hautement dangereux a fait son entrée dans le port de Beyrouth. Les frères Khoury et le fils de George Haswani ont démenti auprès de Reuters tout lien avec Savaro. Mais les éléments apportés par Al-Jadeed incitent à penser que cette coquille vide a servi de paravent aux trois entrepreneurs syriens.

Il vous reste 58.58% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: