L’Israélienne Naama Issachar, condamnée pour « trafic de drogue » en Russie, obtient une grâce

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Naama Issachar, le 19 décembre 2019, lors d’une audience au tribunal à Moscou.
Naama Issachar, le 19 décembre 2019, lors d’une audience au tribunal à Moscou. KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP

Après le succès diplomatique que constitue pour Benyamin Nétanyahou la présentation à Washington d’un « plan de paix » qui reprend l’essentiel de ses vues, la libération par Moscou de Naama Issachar est une deuxième bonne nouvelle pour le premier ministre israélien. Un mois avant les élections législatives du 2 mars, il pourra aussi exploiter la vague de sympathie qu’a suscitée en Israël le sort de cette jeune femme condamnée en Russie pour trafic de drogue.

Naama Issachar, 26 ans, a obtenu la grâce de Vladimir Poutine mercredi 29 janvier, quelques heures avant l’arrivée à Moscou de M. Nétanyahou, arrivé directement de Washington pour exposer au président russe le détail du plan pour le Proche-Orient présenté mardi par Donald Trump. Selon toute vraisemblance, M. Nétanyahou devrait repartir en Israël en emmenant dans ses bagages sa jeune compatriote. Dès mercredi soir, il a « remercié » M. Poutine pour cette grâce, prise selon le communiqué du Kremlin pour des raisons « humanitaires ».

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Mme Issachar, qui a également la nationalité américaine, aura passé plus de neuf mois en prison en Russie, après son arrestation à l’aéroport de Cheremetievo au mois d’avril 2019. La jeune touriste, qui voyageait entre l’Inde et Israël, était en transit dans la capitale russe et n’avait pas franchi la frontière ; 9,5 grammes de cannabis avaient été retrouvés dans son bagage enregistré. Le 11 octobre, elle avait été condamnée à sept ans et demi de prison pour « trafic de drogue », suscitant un fort émoi en Israël et chez les défenseurs des droits de l’homme russes.

Sa libération faisait peu de doutes depuis que Naama Issachar avait signé dimanche une demande de grâce, après avoir dans un premier temps refusé de le faire. Lors de sa visite en Israël, à l’occasion des commémorations de la libération du camp d’Auschwitz, le chef de l’Etat russe était apparu devant les caméras avec la mère de Naama Issachar, lui promettant que « tout ira[it] bien » pour sa fille.

Dossier diplomatique

« Elle aura tout de même passé neuf mois en prison, sans raison ni fondement juridique valable, réagissait mercredi soir auprès du Monde l’avocat russe de la jeune femme, Vadim Kliouvgant saluant son courage. En l’absence d’Etat de droit et de procès équitable en Russie, nous avons dû nous en remettre à cette grâce et à l’action des politiques. »

Le sort de Naama Issachar a de fait donné lieu à de difficiles et longues tractations entre Tel-Aviv et Moscou, se transformant en un dossier diplomatique plus que judiciaire. De l’avis de nombreux observateurs russes comme israéliens, la jeune femme a été utilisée comme monnaie d’échange, voire comme « otage », selon le mot utilisé par sa famille.

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