L’Irlandais Paschal Donohoe élu président de l’Eurogroupe

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L’Irlandais Paschal Donohoe, ici en octobre 2019, a été élu le 9 juillet président de l’Eurogroupe.

Il aura fallu deux tours pour que les 19 ministres de la zone euro choisissent celui qui présidera leur cénacle, durant les deux ans et demi à venir. Et finalement, ce club informel et très masculin, qui depuis la crise de la Grèce joue un rôle fondamental sur la scène communautaire, a élu l’Irlandais Paschal Donohoe.

L’espagnole Nadia Calvino partait pourtant favorite. Elle a d’ailleurs emporté neuf voix au premier tour – celles de l’Allemagne, la France, l’Espagne, l’Italie, le Portugal, la Grèce, la Finlande, Malte et Chypre – mais le retrait du Luxembourgeois Pierre Gramegna, avant le second tour, qui était soutenu par la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg, a fait le jeu de l’Irlandais conservateur. « Elle ne pouvait pas gagner au deuxième tour », commente un diplomate.

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Le choix des argentiers européens n’est pas anodin, alors que la pandémie due au coronavirus a mis à l’arrêt l’économie mondiale et que le Vieux Continent traverse une récession sans précédent (à en croire les dernières prévisions de la Commission, publiées cette semaine, la zone euro devrait voir son activité se contracter de 8,7 % en 2020). Il l’est d’autant moins que le Brexit renforce le poids de l’Union monétaire, qui représente 86 % du PIB de l’Union, et que le plan de relance européen, tel qu’il a été imaginé par la Commission, dessine l’ébauche d’une Europe plus fédérale.

Candidat naturel du nord de l’Europe

Affilié au Fine Gael (centre-droit), Paschal Donohoe était le candidat naturel du nord de l’Europe. Si les Pays-Bas et la Belgique ont voté au premier tour pour le ministre luxembourgeois, comme ils s’y étaient engagés, c’est parce qu’ils avaient sollicité sa candidature à une époque où seule Nadia Calvino était dans la course (l’Irlande n’avait alors pas de gouvernement).

Paschal Donohoe n’est pas un épouvantail absolu pour les pays du Sud, dans la mesure où son pays, l’Irlande, a dû, comme la Grèce, l’Espagne ou le Portugal, se réformer en profondeur pour bénéficier des plans de sauvetage de l’Europe et du FMI, en pleine crise de la zone euro.

A l’heure où les Européens tentent de se mettre d’accord sur un plan de relance et où les blessures d’il y a dix ans ne sont pas refermées, le nouveau président de l’Eurogroupe devait être relativement consensuel.

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