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La mobilisation a porté ses fruits. L’Iran a suspendu l’exécution de trois jeunes impliqués dans les manifestations contre le pouvoir de novembre 2019 et condamnés à mort, a déclaré un avocat des accusés à l’Agence France-Presse, dimanche 19 juillet.
« Nous avons transmis une demande [pour un nouveau procès] à la Cour suprême et elle l’a acceptée. Nous espérons que le verdict sera annulé », a déclaré au téléphone Me Babak Paknia. La Cour suprême iranienne avait confirmé mardi la peine capitale pour Amir Hossein Moradi, 25 ans, vendeur de téléphones portables, Said Tamjidi, 28 ans, étudiant, et Mohammad Rajabi, 25 ans, agent immobilier.
Vaste mobilisation virtuelle
Le porte-parole du système judiciaire, Gholamhossein Esmaïli, avait cependant indiqué mardi que le verdict pouvait encore changer en raison de « procédures extraordinaires », soulignant une clause légale qui pourrait déclencher un nouveau procès si le chef de la justice le jugeait nécessaire.
Dans la foulée, une vaste campagne virtuelle ralliant athlètes, politiques et universitaires, ainsi que des stars du cinéma, avait été lancée sur Twitter et Instagram pour empêcher leur mise à mort. En trois jours, le mot d’ordre de cette mobilisation, le hashtag « Ne les exécutez pas », a été utilisé plus de 8 millions de fois sur Twitter.
L’Autorité judiciaire affirme que des preuves selon lesquelles ils avaient incendié des banques, des bus et des bâtiments publics lors des manifestations ont été trouvées sur les téléphones des condamnés. Les trois jeunes hommes ont pris part au mouvement de contestation qui avait éclaté le 15 novembre 2019 en Iran dès l’annonce d’une forte hausse du prix de l’essence, en pleine crise économique, et avait touché une centaine de villes. Des postes de police avaient été attaqués, des magasins pillés et des banques et des stations-service incendiées, et les dirigeants avaient coupé Internet dans tout le pays pendant au moins une semaine.
Arrêtés plusieurs semaines après les manifestations, ils ont été condamnés, fin février, pour « vandalisme », « allumage d’incendies dans le but de lutter contre la République islamique d’Iran » et « guerre contre Dieu » (moharebeh), sans que leurs avocats aient pu ni consulter leur dossier ni assister aux audiences.
Appel à un « procès équitable »
Leur condamnation a mobilisé bien au-delà des frontières iraniennes. Des experts du Conseil des droits de l’homme de l’ONU ont exhorté jeudi l’Iran à ne pas procéder à leur exécution, et à leur garantir un procès équitable. Les trois condamnés « affirment qu’ils ont confessé sous la torture » et n’ont pas eu droit à un procès équitable, ont souligné les experts. « Nous appelons à une enquête indépendante et impartiale sur ces allégations de torture », ont-ils ajouté.
Selon eux, la peine de mort constituerait « une violation flagrante » des obligations de l’Iran en matière de droits de l’homme, notant que l’affaire des trois hommes n’est pas « un cas isolé » et qu’« il y a de nombreuses allégations de détentions arbitraires de manifestants et d’aveux obtenus sous la torture ».
Téhéran avait estimé à 230 le nombre de personnes tuées en novembre. Mais, selon Washington, la répression des manifestations a fait plus de 1 000 morts. Un groupe d’experts indépendants travaillant pour l’ONU estime quant à lui que le bilan pourrait être supérieur à 400 morts (dont 12 enfants).
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