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Hassan Rohani a donné « à l’Europe » un « nouveau délai de soixante jours » pour répondre aux exigences de Téhéran, faute de quoi le pays se déliera encore un peu plus de ses engagements pris à Vienne.
L’Iran monte le ton, asphyxié par les mesures des Etats-Unis. Mercredi 4 septembre au soir, le président iranien, Hassan Rohani, a annoncé à la télévision d’Etat avoir ordonné l’abandon de toute limite à la recherche et au développement en matière nucléaire de façon à doter le pays de tout ce dont il a « besoin pour l’enrichissement » de l’uranium.
Hassan Rohani a précisé enclencher la « troisième phase » du plan de réduction des engagements en matière nucléaire, car « nous ne sommes pas parvenus au résultat que nous désirions » dans le cadre de la récente tentative diplomatique emmenée par la France pour tenter d’éviter que l’accord sur le nucléaire conclu en juillet 2015 à Vienne ne vole en éclats. Peu avant, l’émissaire américain pour l’Iran, Brian Hook, a exclu toute « dérogation » aux sanctions des Etats-Unis contre l’Iran pour faciliter l’octroi d’une ligne de crédit à Téhéran dans le cadre de cette médiation française.
Relancer l’économie iranienne
L’accord de Vienne est menacé depuis que les Etats-Unis en sont sortis unilatéralement en mai 2018, avant de rétablir des sanctions économiques contre l’Iran, dont l’économie, entrée au deuxième semestre 2018 dans une violente récession, est asphyxiée par la politique américaine de « pression maximale ». Les nouvelles mesures sont prises « afin que nous puissions assister à une expansion dans [le domaine] des centrifugeuses » et « nous savons que c’est un grand pas que fait la République islamique d’Iran ».
En représailles au retrait américain de l’accord, les autorités iraniennes ont commencé depuis mai à revenir sur certaines restrictions imposées à leur programme nucléaire (augmentation des stocks d’uranium enrichi au-delà de la limite fixée par l’accord de Vienne, enrichissement de ce minerai à un niveau prohibé par ce texte, soit plus de 3,67 %). Le 7 juillet, elles ont donné soixante jours, jusqu’à ce jeudi, aux parties restant à l’accord (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) pour les aider à contourner les sanctions américaines, sous peine de les voir s’affranchir d’autres obligations.
Nouveau délai de soixante jours
M. Rohani a donné mercredi « à l’Europe » un « nouveau délai de soixante jours » pour répondre aux exigences de Téhéran, faute de quoi l’Iran se déliera encore un peu plus de ses engagements pris à Vienne. « A tout moment, si les Européens reviennent à leurs engagements, nous aussi reviendrons aux nôtres », a dit M. Rohani.
L’accord de Vienne a offert à l’Iran la levée d’une partie des sanctions internationales qui l’isolaient depuis des années en échange d’une limitation drastique de son programme nucléaire destinée à rendre impossible l’acquisition de l’arme atomique par Téhéran. Jugeant ces garanties insuffisantes, le gouvernement de Donald Trump veut forcer l’Iran à négocier un accord plus contraignant.
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