L’intitulé « protection de notre mode de vie européen » mis en échec à Bruxelles

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Les eurodéputés exigent un changement du nom du portefeuille comprenant la gestion des migrations, mais ont validé le commissaire désigné, Margaritis Schinas.

Par Publié aujourd’hui à 11h12

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Margaritis Schinas, le 3 octobre à Bruxelles.
Margaritis Schinas, le 3 octobre à Bruxelles. Francisco Seco / AP

Il s’y attendait et il s’y était, à l’évidence, soigneusement préparé : Margaritis Schinas, le candidat conservateur grec au poste de commissaire à « la protection de notre mode de vie européen », avait un seul véritable obstacle à franchir, jeudi 3 octobre, lors de son audition par les eurodéputés : celui de l’intitulé de son portefeuille. Celui-ci inclut la coordination des politiques de la sécurité, de la santé, de la culture, de l’éducation, de l’égalité des chances, de la jeunesse, des droits sociaux… mais aussi de la migration. D’où, depuis l’annonce de cette dénomination par Ursula von der Leyen, la future présidente de la Commission, un vif débat portant à la fois sur la notion de protection – contre qui, contre quoi, dans quel but ? – et sur un « mode de vie » bien difficile à identifier.

Lire aussi la tribune : « Madame la présidente von der Leyen, les mots font l’Histoire »

« Vous avez le courage de défendre un titre indéfendable, mais il est toxique, il divise, il exclut », lançait d’emblée Sophie In’t Veld, une libérale néerlandaise. « Cet intitulé qui évoque l’idée d’une forteresse à construire fait le jeu de l’extrême droite », jugeait Birgit Sippel, sociale-démocrate allemande. « Promettez que vous retournerez auprès de Mme von der Leyen et changerez ce titre ! », exigeait aussi la Britannique Judith Bunting (LibDem).

Seulement assuré, au départ, du soutien de son groupe, le Parti populaire européen, M. Schinas a habilement argumenté, sans jamais fermer totalement la porte à un changement. Pas question, en tout cas, de défendre un projet du « eux contre nous », dit-il. Et pour ce qui est des valeurs européennes – « le respect de la dignité humaine, la solidarité, la justice, l’égalité… » –, il n’y a que les populistes qui, assure-t-il, doivent se sentir menacés par leur réaffirmation. D’ailleurs, « si on rentre dans le jeu de Mme Le Pen et que l’on revient sur le titre, c’est elle qui va jubiler… ».

Remettre « tout à plat »

« Entre le respect de tous les arguments exprimés et la volonté [de Mme von der Leyen] de rechercher le consensus, je suis sûr que le temps fournira la réponse », ajoutait toutefois M. Schinas. Rompu à toutes les ficelles de la communication après cinq années passées comme porte-parole en chef de la Commission, l’ancien fonctionnaire s’est donc habilement tiré d’affaire. Et s’est assuré un soutien suffisant : sa candidature a été approuvée, mais la lettre transmise par le Parlement prônera bel et bien un changement d’intitulé.

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