L’Inde confrontée aux violences policières

0
106

[ad_1]

Un policier use de son baton pour disperser des migrants ne disposant pas de billet pour monter dans le train les ramenant chez eux, dans une gare de Bombay, le 19 mai 2020.

Les images sont insupportables. Des enfants hurlant leur douleur auprès des corps de leurs parents inconscients. Des paysans battus au milieu d’un champ à coup de lathis, longs bâtons en bois ou en plastique hérités des colons britanniques, par des policiers en uniforme. Les faits se sont produits le 14 juillet. Rajkumar et sa femme Sabitri sont agriculteurs dans le Madhya Pradesh, un Etat du centre de l’Inde, dirigé par le Bharatiya Janata Party (BJP), le mouvement du premier ministre Narendra Modi. Ils sont aussi dalits, anciennement appelés « intouchables », c’est-à-dire tout en bas de la hiérarchie des castes.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Coronavirus : en Inde, Narendra Modi reste populaire dans la tempête

Le 14 juillet, les policiers sont venus arracher au bulldozer leur récolte de soja au motif que leur champ appartiendrait au gouvernement de cet Etat et empiéterait sur des sols destinés à la construction d’un collège. Les agriculteurs ont expliqué qu’ils louaient leurs terres et ont imploré les policiers de ne les déloger qu’après la récolte car ils se sont endettés pour acheter des semences et ne disposent d’aucun autre moyen pour nourrir leur famille. En vain.

Désespérés, ils ont tenté de mettre fin à leur jour, devant leurs propres enfants, en avalant des pesticides. Face à l’émoi suscité par une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, le principal opposant à Narendra Modi, Rahul Gandhi, a dépêché des membres de son parti, le Congrès, pour rencontrer le couple à l’hôpital et leur apporter une aide financière. Six policiers, dont un inspecteur et deux femmes, ont été suspendus.

Cette affaire illustre à la fois le sort dramatique des dalits et les violences policières, presque banales en Inde, où les coups de lathis des policiers pleuvent quotidiennement.

Héritage colonial

Le drame intervient quelques jours après la mort d’un père et de son fils dans le Tamil Nadu, dans le sud du pays, vraisemblablement torturés par des policiers pour un banal fait. Le 19 juin, à Sathankulam, J. Jayaraj, 58 ans, et Bennicks, 31 ans, avaient été arrêtés pour avoir fermé leur commerce une demi-heure après l’heure légale imposée en raison du confinement. Ils sont morts à l’hôpital, le 23 juin, victimes notamment d’hémorragie rectale.

Deux policiers ont été suspendus. Une enquête a été ouverte. L’affaire a connu un très large écho. Des commerçants se sont mis en grève, les habitants ont protesté, des vedettes de Bollywood se sont mobilisées pour demander justice, faisant le parallèle avec la mort de George Floyd aux Etats-Unis et dénonçant l’impunité de la police. Selon un rapport de la Commission nationale des droits humains, plus de 3 000 personnes sont mortes dans les locaux de la police indienne entre 2017 et 2018.

Il vous reste 43.41% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: