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La question de l’intégration a fait s’affronter les éditorialistes des grands journaux du royaume tout l’été.
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La vie des idées. Titrée « Les migrations changent toute la Suède en profondeur », la chronique publiée le 11 juin dans le journal Svenska Dagbladet a fait l’effet d’un pavé dans la mare. Tout l’été, l’onde de choc qu’elle a provoquée n’a cessé d’agiter le petit monde des éditorialistes suédois.
Dans son texte, le polémiste Ivar Arpi évoque, sans la nommer, la petite ville de province dont il est originaire : « Avant, il n’y avait que quelques étrangers, aujourd’hui ils dominent le paysage urbain. » Probablement, écrit-il, « parce que beaucoup n’ont pas de travail et tiennent la chandelle dehors ». Et de conclure : « C’est la démographie, pas l’économie », qui nourrit le vote d’extrême droite.
Pendant longtemps, le débat sur l’immigration était limité en Suède. Craignant de faire le jeu de l’extrême droite, l’ensemble des partis politiques s’abstenaient de mentionner les chiffres et évoquaient « l’obligation morale » d’accueillir ceux qui avaient besoin de protection. La stratégie semblait fonctionner : les Démocrates de Suède (SD), le parti d’extrême droite, progressaient moins vite que les formations du même genre dans le reste de l’Europe.
Depuis 2010, le royaume de 10 millions d’habitants a ainsi accueilli quelque 500 000 demandeurs d’asile – plus que n’importe quel autre pays européen proportionnellement à sa population –, dont 163 000 pour la seule année 2015. Mais, début 2016, le gouvernement a décidé de fermer les frontières et donné un sévère tour de vis à la politique d’accueil du pays. Le virage politique est motivé par le coût de l’immigration pour un Etat-providence fragilisé par le vieillissement de sa population, d’autant que le marché du travail a du mal à absorber les nouveaux venus.
Lignes de fracture
Mais pour les économistes, la note n’est pas très élevée : l’immigration coûte 50 milliards de couronnes (4,6 milliards d’euros) par an à la Suède, soit 1 % de son PIB ou l’équivalent de ce que le royaume consacre à l’aide publique au développement. La Suède, finalement, aurait les moyens de garder ses frontières ouvertes, si elle en faisait le choix, explique Joakim Ruist, chercheur spécialiste des migrations.
Une option que rejette le polémiste Ivar Arpi, qui s’inquiète du nombre et du profil des étrangers qui vivent en Suède: en 2000, 11 % à peine des habitants du royaume étaient nés à l’étranger ; aujourd’hui, ils sont 19 %. Et, alors que la Finlande était leur premier pays d’origine jusqu’en 2016, la Syrie arrive désormais en tête.
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