Libye, Sahel, Iran… L’Union européenne tente de retrouver un rôle actif

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Le haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion des ministres des affaires étrangères de l’UE, le 20 janvier, à Bruxelles.
Le haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion des ministres des affaires étrangères de l’UE, le 20 janvier, à Bruxelles. KENZO TRIBOUILLARD / AFP

On ignore si, comme l’affirme le ministre Jean-Yves Le Drian, sorti, pour une fois, de son silence à l’issue d’une réunion à Bruxelles, « L’Europe a repris la main », elle qui est marginalisée en Syrie et en Libye et n’est que spectatrice du conflit entre l’Iran et les Etats-Unis. Lundi 20 janvier, les ministres des affaires étrangères des Vingt-Huit semblent, en tout cas, avoir voulu indiquer qu’elle pouvait corriger son image, celle d’un ensemble diplomatiquement inerte, généralement divisé, capable de produire seulement des communiqués bien-pensants.

Au lendemain de la conférence de Berlin et de ses résultats très incertains quant à l’instauration en Libye d’une trêve, voire d’un cessez-le-feu durable, l’Union entend, en tout cas, s’impliquer pour contrôler l’embargo sur les armes. Elle espère restaurer, dans ce but, l’opération maritime Sophia (ou Eunavfor Med), dont l’une des missions initiales était la surveillance des trafics en Méditerranée, et donc aussi de l’approvisionnement en armes des deux camps rivaux de Fayez Al-Sarraj et de son rival Khalifa Haftar, conformément à une résolution des Nations unies.

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Sophia, lancée en 2015 et dont le mandat court jusqu’à fin mars, est réduite à une peau de chagrin depuis mai : le gouvernement italien de l’époque – Matteo Salvini était ministre de l’intérieur – refusait de la voir encore impliquée dans les sauvetages de migrants dont l’Italie aurait dû accepter le débarquement.

Sophia se limite, dès lors, à une surveillance aérienne, à l’aide de quelques appareils. Une relance de la mission suppose toutefois l’accord de Rome et, à l’évidence, la portée politique d’une telle décision est soigneusement pesée par le gouvernement de Giuseppe Conte. L’UE va aussi tenter de redéfinir le mandat de Sophia sans avoir à repasser par les Nations unies.

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Le haut représentant Josep Borrell est chargé, pour le 17 février et la prochaine réunion ministérielle, de mettre au point la procédure et aussi de voir quelle aide financière supplémentaire pourrait être débloquée pour la Libye. Il devrait aussi établir le plan de déploiement d’une mission civile, ou civilo-militaire, pouvant contribuer au respect d’un éventuel cessez-le-feu. « Rien n’a été accepté à ce stade » par les belligérants, a toutefois souligné le chef de la diplomatie européenne.

Une nouvelle opération dans le détroit d’Ormuz

Dans l’immédiat, des pays membres se concentreront sur le lancement une autre mission maritime. L’Allemagne, la Belgique, le Danemark, la Grèce, l’Italie, les Pays-Bas et le Portugal ont, en effet, décidé d’apporter leur « appui politique » à la France pour la création d’une mission de surveillance dans le détroit d’Ormuz. D’autres Etats pourraient rejoindre cette initiative dans les semaines à venir. L’opération Emasoh, selon son acronyme anglais, visera à mieux assurer la sécurité du transport maritime dans cette zone-clé pour les échanges commerciaux et l’approvisionnement énergétique. Les Emirats arabes unis accueilleront son quartier général. En juillet, un drone iranien avait été détruit par un navire américain au-dessus du détroit alors qu’il s’approchait d’un bâtiment de l’US Navy.

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