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Tous les religieux catholiques enlevés en Haïti début avril ont été libérés, a annoncé, vendredi 30 avril, la Société des prêtres de Saint-Jacques, à laquelle ils appartiennent. « Nous avons retrouvé nos confrères, les religieuses et les membres de la famille du père Jean Anel Joseph en bonne santé », a affirmé l’institut missionnaire dans un communiqué, sans préciser si une rançon a été versée.
Au total, dix personnes avaient été enlevées, le 11 avril. Le groupe comprenait notamment quatre prêtres et une religieuse haïtiens ainsi que deux Français originaires de l’ouest de la France : Agnès Bordeau, 80 ans, une sœur de Mayenne et membre de la congrégation de la Providence de la Pommeraye, et le père Michel Briand, 67 ans, un prêtre de l’Ille-et-Vilaine qui vit en Haïti depuis plus de trente ans. Trois personnes, membres de la famille du prêtre haïtien Jean Anel Joseph, avaient également été enlevées. Les ravisseurs avaient exigé 1 million de dollars (841 000 euros) de rançon.
Il y a une semaine, trois religieux avaient déjà été libérés dans ce pays gangrené par l’insécurité et les enlèvements criminels.
Emprise grandissante des gangs armés
L’événement, qui a choqué l’opinion au-delà des frontières de l’île, a provoqué une profonde crise politique dans le pays, en proie à une recrudescence des enlèvements contre rançon ces derniers mois, à Port-au-Prince comme en province, témoignant de l’emprise grandissante des gangs armés sur le territoire haïtien.
L’Eglise catholique a ainsi lancé, quelques jours après l’enlèvement, un appel à la grève pour dénoncer l’inaction des pouvoirs publics et « la dictature du kidnapping » dans le pays, selon le président de la Conférence des évêques haïtiens, Mgr Launey Saturné. Des messes ont été célébrées et les cloches ont retenti le 15 avril à travers tout le territoire dans les églises catholiques à exactement midi, en signe de protestation et pour exiger la libération des otages.
« Depuis quelque temps, nous constatons la descente aux enfers de la société haïtienne », avait affirmé, au lendemain du drame, Mgr Max Leroy Mésidor, archevêque de la première ville haïtienne. « Les autorités publiques qui ne font rien pour résoudre cette crise ne sont pas à l’abri de tout soupçon. Nous dénonçons les complaisances et les complicités, d’où qu’elles viennent », avait-il ajouté dans un communiqué.
Face à ces critiques, le président d’Haïti, Jovenel Moïse, avait, lui, annoncé, le 14 avril, la démission du gouvernement et la nomination d’un nouveau premier ministre, afin de s’attaquer au problème aigu de l’insécurité. M. Moïse, objet d’une forte vague de contestation de la part de l’opposition politique et d’une bonne partie de la population haïtienne, qui exigent son départ, en est à son sixième premier ministre nommé en quatre ans de gouvernance.
Rectificatif le 30 avril à 14 h 40 : correction d’une erreur sur le nombre de personnes enlevées le 11 avril.
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