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Les propos de Krit Beeharry, membre de l’Agricultural Development and Marketing Association (ADMA), réclamant la libéralisation des prix de la pomme de terre et de l’oignon, en conférence de presse, jeudi, ont choqué plus d’un. Les consommateurs et les Mauriciens en général n’en croyaient pas à leurs oreilles.
Ces propos provenant d’un ancien président du Small Farmers Welfare Fund (SFWF), sous le gouvernement du Parti Travailliste (2012-2014), relèvent de la pure démagogie. Des questions se posent : quels intérêts défend Krit Beeharry? De quels lobbies fait-il le jeu ?
S’il est un fait indéniable que l’Inde est le plus grand producteur d’oignons et que l’Europe est le plus grand producteur de pommes de terres, Maurice, Petit État Insulaire ne peut être comparé à ces géants, où on prône la libéralisation des prix.
La pomme de terre, l’oignon et l’ail font partie des commodités de base et sont contrôlés. Il est un fait que c’est dans leur plus grande sagesse que les décideurs politiques avaient décidé de contrôler les prix de la pomme de terre, de l’oignon et de l’ail en 1963, cela dans la mouvance de la création de l’Agricultural Marketing Board (AMB). Ils ont continué à faire partie des denrées de base contrôlées au même titre que le riz ration et la farine.
La pomme de terre constitue un aliment de base dans de nombreuses régions du monde et font partie intégrante d’une grande partie de l’approvisionnement alimentaire mondial. En 2014, les pommes de terre étaient la quatrième culture vivrière du monde après le maïs (maïs) et le blé.
Notre consommation annuelle de pommes de terre fraîches est de 25 000 à 26 000 tonnes. 7 103 tonnes de produits transformés ont été importées en 2019 pour une valeur de Rs 102 millions.
Nous ne disconvenons pas que la production de pommes de terre est en baisse. La production de la pomme de terre est passée de 21 700 tonnes à 14 162 tonnes de 2011 à 2020. De même, la superficie sous culture de la pomme de terre a été réduite passant de 1 011 arpents à 651 arpents au cours de la même période. N’en parlons pas de l’abandon des terres agricoles. Maurice se retrouve aujourd’hui avec quelque 2 500 arpents de terres agricoles abandonnées.
Krit Beeharry en tant que président de la SFWF qu’a-t-il fait pour renverser la tendance.
Exception faite de quelques mesures cosmétiques, rien de concret n’a été fait.
Krit Beeharry déconne. Ses divagations ne mèneront nulle part. Son argumentation est dépourvue de sens.
Les Mauriciens ne sont pas près d’oublier qu’en pleine période de confinement en 2020, de grossistes et autres marchands de pommes de terres et d’oignons faisaient du “boarding” illégal, provoquant des pénuries artificielles. Il avait fallu une levée de boucliers de la presse et le ministre de l’Agro-Industrie et de la Sécurité, Maneesh Gobin avait pris les taureaux par les cornes pour débloquer la situation au niveau de l’AMB et donnant l’opportunité aux marchands de légumes, détenteurs de permis, à travers villes et villages pour assurer la vente des pommes de terres et oignons. Cela en mettant un terme aux viles manœuvres des grossistes concernés. Plus que jamais, nous osons espérer que le ministre de tutelle ne cédera pas à la demande de l’ADMA. Nous disons non à la libéralisation des prix de la pomme de terre et de l’oignon.
Opinion : Libéralisation des prix de la pomme de terre et de l’oignon, une farce !
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