l’ex-patron des autoroutes assigné à résidence

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Le pont de Gênes effondré, le 14 août 2018.

Dans le cadre d’une enquête annexe sur le pont de Gênes qui s’était effondré en 2018, la police financière italienne a annoncé, mercredi 11 novembre, avoir pris plusieurs mesures contre d’anciens et actuels responsables d’Autostrade per l’Italia (ASPI) – une filiale d’Atlantia (famille Benetton) qui gère les autoroutes italiennes.

Dans un communiqué, la police financière a indiqué que trois responsables étaient assignés à résidence et trois autres placés sous « mesures d’interdiction », sans plus de détails : ils sont soupçonnés d’avoir commis des manquements concernant la sécurité des transports et fraudé dans les approvisionnements publics. La police les suspecte d’avoir été au courant de défauts de sécurité des barrières antibruit du pont et de leur danger potentiel, mais de n’avoir pas procédé aux travaux de remplacement. Le risque était notamment élevé en cas de vent fort.

Selon les agences italiennes, l’ancien PDG d’Autostrade, Giovanni Castellucci, qui a aussi été patron d’Atlantia, fait partie des responsables assignés à résidence. Cette annonce a provoqué une chute du cours d’Atlantia à la Bourse de Milan. En milieu d’après-midi, il cédait 2,42 %, après avoir perdu un temps près de 5 %.

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« ASPI s’est transformé, au fil des années, en distributeur automatique d’argent »

D’après les agences italiennes citant l’ordonnance ayant conduit à ces assignations à résidence, la résine utilisée pour les barrières n’avait pas l’homologation européenne CE. Selon elles, un technicien intercepté au téléphone a affirmé que les barrières étaient collées « avec du Vinavil », une colle simple utilisée dans les foyers italiens, et ce afin d’économiser un maximum d’argent. Cent quarante millions d’euros auraient été nécessaires pour faire les travaux correctement. Or M. Castellucci « était parfaitement au courant de la problématique des barrières et constamment informé pour leur gestion, qu’il a complètement avalisée », assure l’ordonnance.

Cette enquête annexe a été lancée il y a un an, parallèlement à l’enquête principale liée à l’effondrement du pont de Gênes qui a fait 43 morts en août 2018.

« ASPI s’est transformé, au fil des années, en distributeur automatique d’argent [pour ses propriétaires] au détriment de la sécurité des citoyens », ont dénoncé des élus du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), membres de la commission transports au Parlement. « Il ressort de cette enquête et des écoutes la légèreté dramatique avec laquelle les dirigeants, tout en connaissant la dangerosité des matériaux pour les automobilistes, ont géré et effectué l’entretien des autoroutes de leur compétence », ont conclu les élus.

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Le Monde avec AFP

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