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Pour son père, l’angoisse monte au fil des heures depuis que la Santé a prévenu la famille qu’un véhicule passera récupérer Ie jeune homme, seul, ce samedi, tard dans la soirée pour l’emmener faire un centre de quarantaine et, dans le sillage, être soumis à un test PCR. Les autres membres de la famille devront eux rester en auto-isolement en attendant les résultats. À ce stade, son fils n’ayant développé aucun symptôme de la Covid, S. espère que les résultats du test PCR seront négatifs, comme celui des autres jeunes qui étaient en sa compagnie lundi. Cependant, le doute subsiste et ce qui inquiète davantage la famille, c’est la possibilité, en cas de contamination de I., que ce dernier ait aussi contaminé ses proches, plus particulièrement son grand-père âgé 85 ans. « Depuis le confinement, je ne suis pas sorti. Mais à la maison, il y a mes parents et mon grand-père. Si toutefois je suis positif, j’ai peur pour mon grand-père », déclare I. Sentiment partagé également par son père, qui se demande com- ment se dérouleront les choses à partir de ce soir, lorsqu’il aura embarqué pour on ne sait encore quel centre de quarantaine. « Les questions se bousculent dans notre tête. Devra-t-on faire notre quarantaine à la maison ? Serons-nous positifs ? Quelle précaution pouvons-nous prendre pour éviter les risques à mon père… » se demande un S. visiblement angoissé !
« Papa, ça fait mal un cotton-bud dans le nez? »
Un peu plus loin, à Forest-Side, chez les J., la tension est palpable. Cette famille également attend les instructions de la Santé pour sans doute aller en quarantaine. Du fait notamment qu’une des fillettes de la famille, âgée de 5 ans, va dans une école maternelle de Curepipe où un enfant a été testé positif à la Covid-19 cette semaine. « Nous sommes dans un groupe WhatsApp avec des parents et des enseignants de l’école. Un message de la direction est apparu vendredi soir nous informant qu’un des élèves de l’école a été testé positif », raconte K. le père de C. Le message, dit-il, indiquait aux parents que leurs coordonnées ont été envoyées au ministère de la Santé et que quelqu’un prendrait contact avec eux pour les modalités afin que leur enfant soit soumis à un test PCR pour détecter toute trace de Covid-19. « Si nous ne connaissons pas l’identité de cet enfant testé positif à la Covid-19 dans cette école maternelle, nous avons appris qu’il avait participé à la cérémonie de prière élargie à Forest-Side », explique K.
Certes, à ce stade, personne dans la famille J. ne présente des symptômes liés à la Covid-19, dit-il. Cependant, confie le père de famille, l’angoisse est
à son comble du fait que non seulement il existe cette possibilité de contamination par cet élève de l’école maternelle, mais en plus, « notre famille habite Forest-Side, où se développe le cluster n°1. »
Ainsi, face à la situation, la famille J se prépare au pire et en attendant la prise de contact des autorités pour l’exercice de contact tracing, les bagages pour la quarantaine ont été préparés. Si au départ les deux fillettes des J. étaient plutôt sereines, au fil des heures, elles ont bombardé leurs parents de questions : « Papa, ça fait mal un cotton-bud dans le nez ? Est-ce que c’est le nouveau qui a emmené le virus ? C’est mon amie X ? C’est mon amie Y ? Les maîtresses ont peur ? Les maîtresses vont aussi en quarantaine ?… »
Pour les parents, les interrogations sont plus profondes, d’autant que, depuis samedi, d’autres nouvelles circulent à l’effet qu’un test positif a été enregistré auprès d’un élève au sein de l’établissement scolaire où l’un d’eux travaille à Curepipe. « Nos coordonnées ont peut-être été envoyées deux fois à la Santé », pense K., de plus en plus inquiet. Surtout que dans leur entourage, à Forest-Side, le nombre de cas ne cesse d’augmenter depuis mardi.
« Dans notre voisinage, nous continuons à entendre que d’autres personnes de notre région ont été testées positives vendredi, malgré l’annonce de«pas de cashier parle ministre » et que les fourgonnettes du contact tracing continuent à faire le tour dans le quartier. La famille se demande ainsi si comme pour le cas de l’école maternelle MelBees, tous les enfants de l’école maternelle de leur fille C. iront en quarantaine. Ils se demandent si, dans ce cas, toute la famille devra se soumettre à la quarantaine ou si c’est leur enfant seulement qui devra partir ? « Nous n’avons pas de réponses à ces questions pour l’instant. Nous attendons… », explique K.
La tension est insoutenable
À Vacoas, chez les G., la confusion est totale. Tantôt, certains parents dont les enfants sont inscrits à l’école primaire Lorette de Vacoas sont avisés par la direction de l’établissement scolaire qu’il y aurait deux cas positifs parmi les élèves de l’établissement et que les coordonnées de tous les parents des élèves possiblement concernés ont été soumises à la Santé en vue de l’exercice de contact tracing. Tantôt, cette nouvelle est démentie par le ministère, indiquant qu’il n’y a pas de cas positifs, mais de fortes suspicions. D’autres informations avancent que c’est à l’école primaire Lorette de Curepipe que deux cas positifs de Covid-19 ont été enregistrés. Ce qui suscite davantage l’angoisse et le doute chez de nombreux parents. Pour R., maman d’une élève de l’école Lorette de Vacaos, « la tension est insoutenable. Depuis vendredi, nous vivons dans l’angoisse et les informations qui circulent augmentent la peur.» Quelle que soit l’école concernée, cette maman redoute que sa fille ait été en contact avec un élève testé positif à la Covid-19. « Pour l’instant, ma fille se porte bien, mais outre les élèves de Lorette de Vacoas, elle est aussi dans un groupe avec les élèves de Lorette de Curepipe. Dans les deux cas, elle pourrait être à risque. Nous attendons une communication officielle de l’école pour savoir quelle sera la marche à suivre… », confie R.
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