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Le long de Gran Via, la principale artère touristique de Madrid, la succession de rideaux de fer, durablement baissés sur des hôtels, bars ou commerces, témoignent des effets de la pandémie sur l’activité économique du pays tout entier. Dans les quartiers populaires, les banques alimentaires sont débordées par ce que les médias appellent les « queues de la faim ». Et la déprime a envahi la capitale de la fiesta, où la virulence de la deuxième vague de Covid-19 a décidé le gouvernement espagnol à limiter l’accès à la ville, mise sous cloche durant trois semaines. Cela devrait s’aggraver avec la décision, dimanche 25 octobre, du premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, de l’instauration immédiate d’un état d’urgence sanitaire et d’un couvre-feu de 23 heures à 6 heures dans tout le pays, à l’exception des îles Canaries. Mais « l’hibernation de l’économie » n’a réussi « ni à contrôler la pandémie ni à éviter la perte de postes de travail », se plaignent les patrons madrilènes.
Quant à Barcelone, l’autre capitale économique du pays, la situation n’est guère plus réjouissante depuis que le gouvernement catalan a ordonné la fermeture de tous les bars et restaurants de la région, le 16 octobre, provoquant des manifestations spontanées. « Vous creusez notre tombe », ont crié les restaurateurs, qui prévoient des pertes de 780 millions d’euros.
Près de 100 000 entreprises ont mis la clef sous la porte depuis le début de la pandémie dans le royaume, selon la Confédération espagnole des organisations entrepreneuriales (CEOE), malgré les lignes de crédits garantis par l’Etat mises à disposition par les banques. Et malgré les dispositifs de chômage partiel qui exonèrent les chefs d’entreprise de charges sociales, 900 000 emplois ont disparu, faisant passer le taux de chômage de 13,6 % des actifs en février à 16,2 % en septembre (20 %, si l’on y ajoute les 780 000 salariés encore en chômage partiel).
Un confinement plus long et plus strict
Le produit intérieur brut (PIB) a reculé de 17,8 % au deuxième trimestre. « L’activité des services marchands s’est contractée de 25 %, avec des baisses particulièrement importantes dans les branches du commerce de détail, des loisirs, de la restauration et de l’hôtellerie, détaille l’économiste Ticiano Brunello, du Crédit agricole. La construction a également chuté de près de 25 %, affectée, entre autres, par la suspension d’activités non essentielles entre le 29 mars et le 9 avril et par une incertitude accrue. »
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