Les voisins des suspects jugés pour pédopornographie inquiets: “Ont-ils aussi filmé nos enfants?”

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La deuxième session du plus grand procès de pédopornographie organisé dans notre pays se tient mardi devant le tribunal correctionnel de Termonde. Trois Belges, un Néerlandais et un Britannique doivent répondre de possession, production et diffusion de pornographie infantile, d’incitation à la maltraitance d’enfants, d’abus d’enfants et de trafic d’êtres humains. Lors de la première session qui a eu lieu le 24 janvier, le parquet avait requis des peines de prison effectives de dix à quinze ans et plusieurs années de mise à disposition par la suite. 

“Les cinq pervers jugés à Termonde ont-ils secrètement filmé nos enfants ?” Préoccupés par la réponse à cette question, des parents se sont rendus à Child Focus. Il s’agit de voisins des suspects ainsi que d’une association de théâtre dirigée par l’un des prévenus. Cet homme possédait 9 millions de fichiers de pornographie infantile.

Il s’agit de Dimitry D, considéré par le tribunal comme “le bibliothécaire” du club de pornographie infantile car il possédait une collection de 12 millions de fichiers (9 millions sans compter les doubles) classés dans des milliers de dossiers. Il doit comparaître aujourd’hui devant le tribunal.

Le lendemain du premier jour du procès, Child Focus a reçu des appels de parents inquiets. Il s’agit notamment de voisins des suspects qui craignent que leurs enfants aient été photographiés ou filmés à leur insu et que leurs photos circulent entre les mains de pédophiles.

“Ces personnes veulent savoir si leur fils ou leur fille pourrait faire partie des milliers de victimes non identifiées. Ce n’est pas surprenant: les suspects n’ont pas manqué une occasion de photographier secrètement des enfants sur la plage, dans les toilettes, à la piscine ou dans des vestiaires”, explique Heidi De Pauw de Child Focus. “Nous avons renvoyé les parents vers la police. Un logiciel de reconnaissance faciale devrait leur permettre de clarifier la situation”.

Child Focus a également invité une compagnie de théâtre de Flandre orientale à se tourner vers la police. L’association veut s’assurer que Dimitry D. n’a pas secrètement filmé ses membres. Au cours de l’enquête, il est en effet apparu que Dimitry D., alors directeur de la compagnie et âgé de 21 ans, a entretenu une relation inappropriée avec un membre âgé de 13 ans à l’époque des faits. Celui-ci dit avoir trouvé une oreille attentive auprès de Dimitry D, jusqu’à ce que ce dernier lui envoie des photos de lui nu et demande au jeune homme d’en faire autant. La jeune victime dit aussi avoir été maltraité et a confié ne pas avoir osé s’opposer à Dimitry D., qu’il considérait comme une personne de confiance en vertu de sa position de directeur de la compagnie.

Child Focus a par ailleurs intenté une action au civil pour toutes les victimes non identifiées. Les enquêteurs ont pu, jusqu’ici, mettre un nom sur le visage de quarante victimes. Ils poursuivent l’enquête afin d’en identifier de nouvelles ainsi que d’éventuels nouveaux suspects. 

Photos d’enfants sur la plage de Blankenberge

Quinze terabits de matériel pédopornographique avaient été retrouvés en possession des cinq prévenus au cours de l’opération Azraël. Les enquêteurs s’étaient alertés quand l’un d’eux, Michaël T., a pris des photos d’enfants inconnus sur la plage de Blankenberge. Il maintenait de nombreux contacts avec Dimitry D. et Niels M. 

Leurs propres fils en scène

Près de neuf millions de fichiers à caractère pédopornographique ont été trouvés chez Dimitry D. lors des perquisitions, soigneusement classés selon le type d’abus, l’âge et l’origine ethnique de l’enfant. Une grande partie des images étaient “neuves” pour les enquêteurs, ce qui suggère que les prévenus les avaient produites eux-mêmes. Les cinq hommes auraient tous réalisé leurs propres images et n’auraient pas hésité pour cela à mettre leurs propres fils en scène.

Niels M. aurait abusé de son fils et de son beau-fils, bien qu’il le nie fermement. Michaël T. a quant à lui reconnu avoir abusé du fils de Niels M. Pour sa part, Dimitry D. a tenu la base de données à jour. Samuel K. s’est occupé de plusieurs enfants dans le monde en tant que jeune au pair et a alimenté la base de données. Lars DR. a quant à lui fourni des images d’un viol qu’il a lui-même commis et qu’il a filmé pour le revisionner. La procureure du Roi Katrien Borms a qualifié ce procès du cas le plus atroce qu’elle ait jamais vu.

Verdict fin du mois

Dimitry D. était absent lors des premières audiences. Le tribunal l’a obligé à se présenter pour la poursuite du procès mardi. Son avocat, Thomas Vandemeulebroecke, plaidera cet après-midi. L’avocat du Britannique Samuel K., Walter Van Steenbrugge, interviendra lui aussi mardi après-midi. Le verdict n’est pas attendu avant la fin du mois.



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