Les usurpations d’identité pour entrer à l’université enflamment la Chine

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Contrôle d’identité à l’entrée d’une école, à Pékin, le 8 juillet, deuxième jour des épreuves du Gaokao, l’équivalent du baccalauréat.

Le destin de plus de dix millions de jeunes Chinois se joue ces jours-ci. Avec environ un mois de retard pour cause de coronavirus, c’est ce mardi 7 juillet qu’ont débuté les épreuves du Gaokao, l’équivalent du baccalauréat, qui ouvre les portes de l’enseignement supérieur. Plus la note globale obtenue est élevée, plus l’étudiant pourra prétendre intégrer une bonne université. Voilà pour le principe.

Sauf que quelques scandales apparus ces dernières semaines montrent que la réalité est parfois plus complexe. Le sujet est sensible et extrêmement suivi sur les réseaux sociaux. Pour les familles modestes, le Gaokao est le principal ascenseur social. Chen Chunxiu a passé le Gaokao en 2004. Malgré des notes honorables, elle ne reçoit pas de réponse de l’université où elle veut s’inscrire. Cette jeune fille de milieu modeste part donc travailler en usine puis dans la restauration et enfin dans un jardin d’enfants.

Au moins 25 personnes, dont un responsable de la police locale et des fonctionnaires de l’éducation, sont accusées de complicité

Surfant en juin sur Internet, quelle n’est pas sa surprise de découvrir qu’en fait, en 2004, elle a bel et bien été admise à l’université de technologie du Shandong. Mais elle n’a jamais reçu la lettre. Des imposteurs ont détourné celle-ci. Plus exactement, le père d’une autre jeune fille du même canton a payé 2 000 yuans (environ 252 euros) un intermédiaire pour procéder à la substitution d’identité. Grâce à ce subterfuge, une autre jeune fille a entamé une carrière d’auditeur dans l’administration locale. Au moins 25 personnes, dont un responsable de la police locale et des fonctionnaires de l’éducation, sont accusées de complicité d’usurpation d’identité. L’usurpatrice a perdu son poste et son diplôme.

Très médiatisée sur les réseaux sociaux, l’affaire a incité d’autres Chinois à vérifier leur propre situation. Et, bien sûr, le cas est loin d’être unique. Rien que dans la province du Shandong, au sud-est de Pékin, pas moins de 242 cas d’usurpation d’identité ont été signalés. Le scénario est souvent le même. Un jeune issu de milieu modeste et ayant obtenu une bonne note se fait ravir sa place par une famille dotée d’un meilleur réseau.

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Un autre cas enflamme les réseaux sociaux. Gou Jing, une jeune fille qui avait obtenu le Gaokao en 1997, a vu son identité usurpée par la fille de son professeur de littérature. Se représentant au Gaokao l’année suivante pour tenter à nouveau sa chance à l’université, Gou Jing aurait de nouveau été victime du même délit. Au moins quinze personnes sont impliquées. Son ancien professeur, aujourd’hui âgé de 77 ans, a perdu ses droits à la retraite.

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