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RécitL’ancien premier ministre, qui vient de publier un livre sur le pays, multiplie les interventions louangeuses, notamment sur la politique du président Xi Jinping. Au risque d’être accusé de faire le jeu du régime.
Au générique de l’émission « Grand angle sur la Chine », sur CGTN, la chaîne de propagande chinoise, un visage familier des Français apparaît : l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, le livre du président chinois Xi Jinping entre les mains. Cadré serré, l’ex-chef de gouvernement clame son admiration pour M. Xi, « un leadership puissant, dans un grand pays où il faut naturellement de l’autorité pour gouverner plus de 1,4 milliard d’habitants ». A l’entendre, la « grande vision » du Parti communiste chinois (PCC), serait « la communauté de destin de l’humanité ». Et de lister : « la protection de notre planète », « la coopération internationale qui est la réponse aux tensions du monde ». M. Raffarin salue, avec de grands gestes des mains, le « socialisme à caractéristiques chinoises », le « leadership du Parti, qui définit les règles de l’avenir ».
Dans ses bureaux parisiens, M. Raffarin assume sa participation à ce programme. Un peu comme s’il ne s’agissait que d’une politesse, d’un passage obligé pour justifier son statut d’« ami de la Chine », couronné par la Médaille de l’amitié 2019 remise par M. Xi en personne. D’après lui, ces déclarations sur CGTN ne seraient « pas grand-chose » et il veillerait à ne « jamais être complice ». Sa seule faiblesse ? Aimer ce peuple, son « côté latin », ce « langage corporel » si parlant qu’il pense souvent savoir où vont les conversations sans pratiquer la langue. Dans son récent livre Chine, le grand paradoxe (Michel Lafon, 328 pages, 20,95 euros), il insiste sur sa volonté d’inciter l’Europe à prendre la mesure des ambitions chinoises tout en se défendant d’être un « panda kisser », celui qui embrasse le régime.
Sa rencontre avec ce pays date d’un demi-siècle. En 1970, lors d’un premier voyage à Hongkong, encore colonie britannique, le Poitevin de 23 ans, alors étudiant en école de commerce (ESCP), découvre les gratte-ciel. Surtout, il entrevoit « derrière un grand rideau de fumée, un monde qui vous est caché » : la Chine communiste. Cette « ombre magique et émouvante » le captive. Mais il lui faut attendre l’été 1976 pour mettre pied sur cette terre interdite. Avec six autres jeunes giscardiens, ils descendent en train de l’ex-Mandchourie jusqu’à Pékin puis Shanghaï. Le fondateur de l’Armée populaire de libération, Zhu De, vient de mourir. Dans la capitale, ils vont saluer sa dépouille place Tiananmen. Mao Zedong décédera un mois plus tard. Jean-Pierre Raffarin est frappé par la tristesse de ce pays où tout le monde s’habille à l’identique, où tout paraît gris et sale. Aujourd’hui encore, il se souvient des cochons dans les rues, des familles entières entassées dans une seule pièce. Le chemin parcouru depuis par ce peuple le rend admiratif. Il y songe en se promenant entre les tours de Pudong, le quartier des affaires de Shanghaï. Il reconnaît volontiers que cela forge une matrice : « Je me dis : “En quarante ans, qu’est-ce qu’ils ont fait !” »
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