les régulateurs financiers allemands sous pression

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Siège de  Wirecard à Aschheim, près de Munich, le 1er juillet 2020.

Le scandale Wirecard continue de faire trembler la place financière allemande. Depuis que cette ancienne start-up, cotée depuis deux ans en première ligue de la Bourse de Francfort, a fait faillite sur fond de manipulation de bilan, tous les acteurs de la finance s’interrogent. Comment une fraude d’une telle ampleur a-t-elle pu passer sous le radar des contrôleurs ? Pourquoi n’ont-ils pas réagi aux alertes qui s’accumulaient depuis des mois ? Quels sont les dégâts pour la crédibilité du pays ? Mercredi 1er juillet, le président de l’autorité de supervision des marchés financiers (BaFin), Felix Hufeld, a dû s’expliquer devant la commission des finances du Bundestag sur les manquements de son institution.

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Selon une source interrogée par Le Monde, présente pendant cette réunion non publique, il apparaît que la BaFin ne s’est pas sentie compétente pour contrôler une entreprise qui n’est pas une holding financière, mais une « entreprise technologique », spécialiste des paiements (fintech). C’est l’autorité de contrôle des bilans qui a été mobilisée, mais celle-ci n’avait mandaté qu’une seule personne sur le dossier. « Tout le monde prétend avoir été trompé et personne ne prend la responsabilité dans cette affaire », raconte cette source. « Et, pourtant, plusieurs lanceurs d’alerte avaient averti depuis des années sur les irrégularités des opérations. »

L’autorité allemande est même allée jusqu’à porter plainte contre un journaliste du quotidien britannique Financial Times (FT) qui, le premier, a révélé au grand public les sérieux doutes concernant la probité de l’entreprise. La BaFin se méfiait surtout du comportement agressif de certains fonds spéculatifs, qui pariaient à la baisse contre Wirecard, a expliqué M. Hufeld, qui a justifié son interdiction temporaire des « ventes à découvert » contre le groupe.

Spectaculaire descente de police

L’enquête est encore loin d’être terminée. Mercredi matin, une spectaculaire descente de police, ordonnée par le parquet de Munich, a été menée au siège de Wirecard, à Aschheim, dans la banlieue de Munich. Actuellement, deux membres de la direction du groupe sont soupçonnés de falsification de bilan, de manipulation de cours et de fraude : l’ancien PDG démissionnaire, Markus Braun, et le directeur des opérations, Jan Marsalek, tous deux Autrichiens. Le premier a été arrêté puis remis en liberté contre une caution de cinq millions d’euros, il se dit prêt à coopérer avec la justice. Le second, en revanche, est toujours en fuite, probablement en Asie, d’où une grande partie de la fraude semble avoir été orchestrée.

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