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Un morceau de territoire concentrait jeudi 27 février toute l’attention des autorités sanitaires françaises au sujet du coronavirus : un triangle formé par les villes de Creil, Compiègne et Senlis, dans le département de l’Oise, où de nombreux cas apparaissent.
Sur la base aérienne de Creil — un site ultrasécurisé qui abrite la direction du renseignement militaire —, le service de santé des armées a testé tous les personnels ce jour et trouvé huit cas potentiels, selon les informations du Monde, qui s’ajoutent à un autre cas déjà détecté. Tous ces nouveaux diagnostics ne sont pas des cas déclarés. Pour l’heure, les malades avérés de la base seraient au nombre de quatre, dont deux dans un état grave. Si tous se confirment, l’emprise militaire abriterait déjà neuf des douze cas repérés dans le département. Les trajets entre Creil et le siège des armées de Balard, à Paris, ont été interdits jeudi.
Les recherches permettront-elles d’identifier dans ce département le patient zéro français ? « Les procédures standards de traçabilité » en cas d’épidémie ont été suivies dans l’Oise comme ailleurs, sans panique aucune mais avec précaution, précisaient les sources gouvernementales jeudi.
Après le décès d’un enseignant de 60 ans — mort dans la nuit du mardi 25 au mercredi 26 février — et l’hospitalisation en réanimation au CHU d’Amiens dans un état grave d’un civil de 55 ans, employé comme chauffeur sur la base aérienne, l’état-major indiquait que « le ministère des armées restait dans le cadre des mesures générales instaurées par le ministère de la santé, au même titre que le ministère de l’éducation ».
« Aucune consigne particulière »
Les personnels de la base n’ont pas été confinés sur le site. Et le coronavirus n’apparaissait pas comme une préoccupation majeure à l’entrée des installations de Creil à la mi-journée. Une journaliste installant son pied de caméra face à l’enceinte constellée de panneaux « Enceinte militaire, défense de photographier, article R645-2 du code pénal » a bien été courtoisement priée de remballer son matériel et escortée par un planton jusqu’à sa voiture, mais aucune inquiétude particulière ne transparaissait. « On travaille comme d’habitude ; pour la communication, il faut voir avec le ministère de la santé, nous a indiqué, bonnet vissé sur la tête et veste gonflée par de violentes bourrasques, un militaire occupé à résorber le mini-embouteillage provoqué par une panne du portail due à la tempête. Tandis que d’autres véhicules sortaient, un soldat en treillis, et un autre, en civil, patientaient à l’intérieur de leurs véhicules respectifs pour aller prendre leur service.
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