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Une démocratie « fière et adulte » : c’est ainsi que le premier ministre, Mark Rutte, a décrit son pays à plusieurs reprises lors d’une conférence de presse télévisée, mardi 31 mars au soir, pour justifier le fait que les Pays-Bas ne comptaient toujours pas recourir à un confinement généralisé et contrôlé. Les autorités néerlandaises semblent toutefois jouer sur les mots : le « lockdown intelligent » qu’elles évoquent est désormais plus proche du confinement à la française ou à la belge que de l’idée suédoise − ou britannique au début de l’épidémie − de « l’immunité de groupe », une dispersion du virus dans la population, afin de favoriser l’immunisation la plus large possible.
Le gouvernement de M. Rutte, qui se réjouit que « les rues, les trains et les bureaux » soient quasiment vides désormais, a donc décidé de prolonger jusqu’au 28 avril les mesures en vigueur jusqu’ici : fermeture des écoles, des cafés, des restaurants, des musées, des salles de sport, etc. Les magasins resteront ouverts, à condition de faire respecter la distanciation sociale (1,5 mètre) entre les clients, sous peine de fermeture. La population, qui se prépare traditionnellement à voyager pour les congés de Pâques, est invitée à limiter au maximum ses déplacements dans le pays. Les bourgmestres (maires) sont autorisés à décréter la fermeture les lieux de villégiature qui accueilleraient trop de monde, et les rassemblements de plus de trois personnes restent prohibés jusqu’au 1er juin.
L’effet de ces mesures sera évalué le 21 avril mais, a déclaré M. Rutte, « il [l’]étonnerait que tout soit réglé à la fin du mois ». D’ailleurs, insiste-t-il, c’est bien « la période la plus difficile de son histoire, hormis le temps de guerre », que traverse le royaume.
Tests à grande échelle
Le changement de pied est notable de la part du chef du gouvernement, alors que des députés réclament déjà une enquête parlementaire, se fondant notamment sur un rapport établi par les services de sécurité en 2016, qui invitait à une forte mobilisation face au risque d’une pandémie. Une mise en garde qui n’a, apparemment, pas été suivie d’effets : le pays est sous-équipé en lits de soins intensifs. Des patients de la province du Brabant, dans le sud, la plus touchée, ont dû être rapidement transférés vers d’autres régions et les services de soins intensifs sont proches de la saturation, alors que l’agence nationale de santé prévoyait que leur limite ne serait atteinte qu’à la fin du mois de mai.
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