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Officiellement, la Finlande n’a jamais fait partie du club des « frugaux ». Pendant les négociations sur le plan de relance européen en juillet, toutefois, la première ministre finlandaise, Sanna Marin, n’a pas caché qu’elle partageait les réticences de l’Autriche, du Danemark, des Pays-Bas et de la Suède, notamment sur le montant des subventions et le principe d’un endettement commun.
De retour à Helsinki, elle a assuré que le plan était exceptionnel et n’était pas appelé à être renouvelé. Cela n’a pas suffi : le 17 février, son gouvernement de coalition a fait face à un vote de défiance à l’Eduskunta, le parlement finlandais. L’extrême droite, les chrétiens-démocrates et le parti « Mouvement maintenant » (libéral) lui reprochaient de ne pas avoir agi dans le meilleur intérêt du pays, en signant l’accord européen.
Restrictions moins sévères
Sans surprise, le gouvernement a obtenu la confiance des députés, à 99 votes contre 78. Mais l’épisode révèle l’étendue de la méfiance à l’égard de tout ce qui pourrait apparaître comme une intégration renforcée, en Finlande, mais aussi au Danemark ou en Suède, trois pays dirigés par des sociaux-démocrates. Peu importe d’ailleurs leur couleur politique : sur ces questions, le consensus est large et la pandémie n’a pas changé grand-chose.
« Nous n’avons pas vraiment eu de gros débats, que ce soit sur la politique budgétaire ou sur la question de la dette », observe l’économiste suédois Lars Calmfors. Et pour cause : si le choc provoqué par la pandémie a été violent, « nous ne prévoyons pas de conséquences durables sur l’économie », déclare Markku Lehmus, économiste au Centre de recherche Etla à Helsinki. La Finlande, le Danemark et la Suède ont d’ailleurs plutôt bien résisté. Peu dépendants du tourisme, ces pays ont également été soumis à des restrictions moins sévères et plus courtes que dans le sud de l’Europe. Résultat : une baisse de 3,8 % du PIB au Danemark en 2020, de 2,9 % en Finlande et de 2,8 % en Suède, contre – 6,8 % en moyenne dans la zone euro.
Autre avantage : « nous sommes entrés dans cette crise avec des finances publiques plus qu’à l’équilibre et qui, malgré le choc, devraient y revenir d’elles-mêmes, une fois que la croissance reviendra », explique Otto Brons-Petersen, directeur de la recherche économique au Centre d’études politiques (Cepos) à Copenhague. Ainsi, début 2020, la dette publique était tombée à 35 % du PIB en Suède, autour de 40 % au Danemark, et à 60 % en Finlande.
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