les ministres des Affaires étrangères français et marocain font un point géostratégique – JeuneAfrique.com

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Jean-Yves Le Drian et Nasser Bourita on tenu une conférence de presse commune, samedi 9 juin à Rabat. L’occasion pour chacun de marquer une position commune sur le conflit israélo-palestinien, et nuancée sur la question libyenne.


« Si quelqu’un a vu le plan américain, merci de nous en informer! », a lancé samedi à Rabat le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, à propos du plan américain pour un règlement du conflit israélo-palestinien qui doit être prochainement dévoilé.

« J’en parle d’autant plus aisément que j’ai participé à la rencontre du président Macron avec le président Trump avant-hier », à l’occasion du 75ème anniversaire du Débarquement allié sur les plages de Normandie, a-t-il ajouté au cours d’un point de presse avec son homologue marocain Nasser Bourita.

Volet économique dévoilé les 25 et 26 juin prochains

Le Maroc non plus n’a pas « encore connaissance d’un quelconque plan de paix et se prononcera quand il en aura connaissance des contours, du contenu et des détails », a indiqué Nasser Bourita.

La Maison Blanche a prévu de présenter le volet économique de ce plan de paix les 25 et 26 juin prochains lors d’une réunion à Bahreïn. En préparation de ce rendez-vous, le gendre du président américain, Jared Kushner s’est déplacé fin mai au Maroc, en Jordanie et en Israël.

« Pas de solution sans la reconnaissance de deux États »

Cette visite « a été l’occasion pour le Maroc de répéter ses positions bien connues », a indiqué Nasser Bourita.

« Nos principes sont identiques : il n’y a pas de solution sans la reconnaissance de deux Etats vivant en sécurité, l’un et l’autre, et ayant Jérusalem comme capitale, l’un et l’autre », a précisé Jean-Yves Le Drian. « A partir de là, s’il y a un plan de paix, nous le regarderons avec beaucoup d’attention et nous échangerons sur le sujet », a-t-il ajouté.

Les Palestiniens ont rejeté ce plan entouré du plus grand secret sans même le connaître, l’administration américaine s’étant discréditée à leurs yeux quand Washington a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre 2017.

Libye : Jean-Yves Le Drian plaide pour des élections

Concernant la Libye, le ministre français a plaidé pour « un cessez-le-feu immédiat » pour « permettre la mise en oeuvre d’une feuille de route aboutissant à des élections ». « Si on laisse l’instabilité se développer, alors des retours de terroristes peuvent se produire, d’ailleurs on constate depuis quelques temps que l’on voit réapparaître Daech au Sud libyen », a-t-il dit en référence aux jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

M. Bourita a pour sa part estimé que « la situation s’est dégradée parce que les différents acteurs n’ont pas suffisamment de volonté et parce qu’il y a des acteurs externes ».


>>> À LIRE. Libye : Daesh profite-t-il de l’offensive du maréchal Haftar pour s’implanter dans le Sud ?


« On est à un moment crucial : les Libyens d’abord ont la responsabilité d’être à la hauteur de ce moment mais également les pays directement impliqués dans la question », a-t-il dit.

Le maréchal khalifa Haftar, homme fort de l’est libyen, a lancé le 4 avril une offensive en vue de s’emparer de Tripoli, siège du Gouvernement d’union nationale (GNA) dirigé par Fayez al-Sarraj, le seul reconnu par la communauté internationale.

Les combats ont fait plus de 600 morts et de 3.200 blessés, poussant à la fuite plus de 80.000 personnes, selon l’ONU.



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JeuneAfrique

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