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Le compte à rebours du 20 janvier s’est accéléré, mais Donald Trump continue de s’accrocher au pouvoir. Illusion d’un esprit malade, comme le diagnostiquent nombre de psychiatres depuis des années ? Tentative cynique de rassembler ses troupes dans l’espoir d’un retour ? A moins de trois semaines de l’investiture de son successeur, le président américain redouble d’efforts pour convaincre qu’il a remporté, le 3 novembre 2020, une élection qu’il a largement perdue – de 7 millions de voix et 74 sièges au collège électoral.
Et peut-être le croit-il lui-même si on en juge par la conversation téléphonique qu’il a eue, samedi 2 janvier, avec le responsable électoral de l’Etat de Géorgie, Brad Raffensperger, lui-même un élu républicain. « Il est impossible que nous ayons perdu. C’est impossible. Nous avons gagné avec des centaines de milliers de voix », répète-t-il, alors que le résultat – 11 779 voix d’avance pour Joe Biden – a fait l’objet de deux recomptes, dont l’un à la main, et que les contestations en justice ont été rejetées. Les chiffres, eux, ont été certifiés le 14 décembre, en même temps que dans le reste du pays, et les nouveaux élus du 117e Congrès ont prêté serment – dans un apparat limité par l’épidémie de Covid-19 –, dimanche 3 janvier.
L’enregistrement du coup de téléphone a été obtenu par le Washington Post, qui l’a publié intégralement – tout en ne communiquant pas le nom d’une personne mise en cause par le président. L’échange est du niveau de la conversation qui a valu à M. Trump la procédure en destitution de l’hiver 2019. A l’époque, il demandait une « faveur » au président ukrainien, Volodymyr Zelensky : des informations dommageables à son adversaire Joe Biden, en contrepartie du déblocage de l’aide militaire à l’Ukraine. Cette fois, il sollicite des voix, 11 780 bulletins de vote pour être exact. Soit un de plus que la différence qui le sépare de Joe Biden en Géorgie. Et, une nouvelle fois, il se montre mi-patelin, mi-menaçant.
Un « abus de pouvoir éhonté »
Donald Trump reprend à son compte les diverses accusations de fraude mises en avant par ses partisans en Géorgie, et dont il maîtrise manifestement les moindres détails : les bulletins « détruits » dans le comté de Fulton (Atlanta), les machines à voter « déménagées précipitamment » par l’entreprise Dominion, les « 5 000 morts » qui ont voté, les bulletins pro-Biden scannés trois fois… « Monsieur le président, ça n’a pas été le cas, contredit M. Raffensperger. Nous avons fait un audit, et nous avons démontré que ces bulletins n’ont pas été scannés trois fois. » Embarrassé, l’élu géorgien laisse dire. Quand le plaignant lui en laisse la possibilité, il essaie de corriger. « Le nombre est deux. Deux personnes décédées ont voté. » Et non, Dominion n’a déménagé aucun équipement hors du comté de Fulton. « Mais, est-ce qu’ils ont enlevé les pièces à l’intérieur des machines pour les remplacer par d’autres ? », reprend Trump, plein d’espoir.
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