« Les Libanais se sont mobilisés avec force, dès le lendemain de l’explosion, malgré le traumatisme et le sentiment d’insécurité »

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Manifestants à Beyrouth, près du site de l’explosion, le 11 août 2020.

Seulement six mois après son investiture, le premier ministre Hassan Diab, a annoncé, lundi 10 août, la démission de son gouvernement, une semaine après l’explosion meurtrière au port de Beyrouth, qui a fait au moins 160 morts et plus de 6 000 blessés. Cette démission était réclamée par les manifestants qui s’étaient rassemblés samedi 8 et dimanche 9 août dans le centre de la capitale. Notre correspondante à Beyrouth Laure Stephan a répondu aux questions des lecteurs du Monde sur la situation au Liban lors d’un tchat.

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M. : Vous parliez de plus de 250 000 personnes sans domicile. C’est énorme ! Que sont-elles devenues ?

Laure Stephan : Parmi ceux que j’ai rencontrés qui ont perdu leur maison, la plupart sont hébergés par des proches. D’autres, quand la destruction est limitée, préfèrent rester chez eux. Des associations et des volontaires s’emploient à des retouches d’urgence : poser du plastique pour remplacer les fenêtres, déblayer les décombres. De nombreuses initiatives ont été lancées – particuliers, associations, écoles privées… – pour accueillir ceux dont les maisons sont inhabitables. Mais on ignore quelle va être la réponse possible sur le moyen terme.

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Antoine V. : Si les élections anticipées ont lieu, a-t-on une idée du rapport de force politique qui peut s’y dessiner ? Sait-on si les manifestants et les jeunes y participeront ?

La question est surtout celle de la loi électorale sur laquelle se baseraient des élections anticipées. Si cette loi électorale est la même que celle qui a servi lors des élections de 2018, elle risque fort de reconduire les mêmes partis politiques au pouvoir – avec d’éventuels changements dans le rapport de force entre ces partis. Mais elle pourrait difficilement voir émerger de nouvelles forces. En 2018, seule une candidate non issue de partis politiques traditionnels avait émergé.

Orion : Un changement ou une réforme de la Constitution, comprenant notamment la fin de la division confessionnelle du pouvoir, est-il possible et souhaité par les Libanais ? Et si oui, quel est le processus de modification de ladite Constitution ?

Sans passer par une réforme de la Constitution, une application complète des accords de Taëf (signés en 1989), qui ont ouvert la voie à la fin de la guerre (1975-1990) aurait permis une déconfessionnalisation progressive de la vie politique. Mais ces accords n’ont jamais été entièrement appliqués. Bien au contraire, le confessionnalisme politique s’est renforcé dès les années 1990.

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