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LETTRE DE BRUXELLES
Il aura fallu un mois pour que l’affaire George Floyd, partie de Minneapolis (Minnesota), s’invite au Berlaymont, le bâtiment bruxellois qui abrite la Commission européenne. Mercredi 24 juin, Ursula von der Leyen devrait avoir un débat sur le racisme avec ses commissaires, alors que la mort de cet Afro-Américain asphyxié par un policier blanc le 25 mai a une nouvelle fois mis en lumière l’ampleur du phénomène aux Etats-Unis et ailleurs.
Après un long silence, la présidente de la Commission a commencé à rectifier le tir, le 17 juin, au Parlement européen. « Nous devons faire plus » pour lutter contre le racisme en Europe, a-t-elle déclaré ce jour-là, prenant le contre-pied de Margaritis Schinas, le commissaire chargé de « la promotion du mode de vie européen », un portefeuille qui inclut les migrations. Dans un entretien au Financial Times le 3 juin, ce dernier avait en effet jugé « peu probable » que l’affaire George Floyd, et la vague de manifestations qui a suivi outre-Atlantique, soit transposable sur le Vieux Continent. Plus que de racisme, avait-il expliqué, l’Union européenne (UE) doit se préoccuper des « inégalités ».
« Regardons autour de nous, ici, dans cet hémicycle. La diversité de notre société n’est pas représentée, a poursuivi Mme von der Leyen, devant les élus. Et je suis la première à admettre que la situation n’est pas meilleure au sein du collège des commissaires, ni parmi le personnel de la Commission. »
C’est un fait, les institutions européennes sont quasi exclusivement blanches. Au Parlement, on compte vingt-quatre eurodéputés « de couleur », c’est-à-dire à peine 3 % du total, et ils viennent de douze Etats membres (sur vingt-sept). « Ils étaient trente avant le Brexit et le départ des élus britanniques », regrette Sarah Chandler, du Réseau européen contre le racisme qui regroupe des ONG. Il en va certes là de la responsabilité des partis politiques des Vingt-Sept, qui font peu de place aux minorités ethniques sur leur liste. Mais le personnel de l’Assemblée législative (7 500 personnes travaillent au sein des groupes politiques et du secrétariat général) est tout aussi uniforme.
« Racisme institutionnel »
A la Commission, ce n’est pas mieux. Les vingt-sept commissaires – dont les noms sont proposés par les chefs d’Etat et de gouvernement – sont Blancs. Une équipe dont la présidente se félicitait, en la présentant le 10 septembre 2019, qu’elle soit « aussi diverse et forte que l’Europe », oubliant manifestement que « quelque 10 % des citoyens de l’UE sont issus d’une minorité ethnique visible », comme le rappelle Sarah Chandler. «
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