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Les historiens Gérard Bossuat et Robert Frank, dans une tribune au « Monde », mettent en perspective les arguments historiques de Philippe de Villiers sur la construction européenne.
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Tribune. Philippe de Villiers montre encore dans sa réponse à la tribune d’historiens son talent pour manier et manipuler l’histoire. Il est important de démonter sa mécanique intellectuelle, productrice de syllogismes fallacieux, capables de métamorphoser les faits historiques en fables qui servent son dessein politique. L’histoire qu’il écrit ressemble à de l’histoire, a la couleur de l’histoire, le goût de l’histoire, mais ce n’est pas de l’histoire, pas au sens de science historique en tout cas.
D’abord, il fait montre d’un esprit binaire qui refuse volontairement de prendre en compte la complexité de la réalité, préférant opposer systématiquement deux couleurs primaires et effacer toutes les nuances intermédiaires. Il nous en donne une belle illustration dans une réponse qu’il a faite aux critiques de son livre dans Valeurs actuelles (« “Complotiste”, “mensonger”… Villiers démonte les critiques sur son livre », 27 mars). Ne comprenant pas qu’on l’accuse à la fois de faire du « complotisme » et d’exposer des faits finalement déjà connus, il répond : « Il faudrait choisir. Si c’est “du complotisme”, c’est que tout est faux ou biaisé. Si “on le savait déjà”, c’est donc vrai. Alors c’est vrai ou c’est faux ? Il faut trancher ». Amoureux des fausses logiques, Philippe de Villiers refuse de voir que ces deux critiques qui lui sont adressées sont tout à fait compatibles.
Farine complotiste
Dans son ouvrage, comme dans les points de sa réplique à la tribune des historiens dans Le Monde daté du 11 avril, il joue avec le vrai pour le pétrir et produire sa farine complotiste. Il utilise tour à tour trois méthodes pour arriver à ses fins. Tantôt, il procède à des glissements successifs en partant de vérités connues (Monnet est proche des Américains), transformées en demi-vérités (Monnet est « l’homme des Américains », or il ne l’est pas toujours), pour aboutir à une contre-vérité censée renforcer sa thèse du « complot » fomenté aux Etats-Unis dans le but de construire une Europe à leurs bottes : Monnet deviendrait automatiquement « un agent » de la CIA sous prétexte qu’il a écrit en 1952 au général Donovan (p. 227), l’homme qui a contribué à créer cette agence en 1947, sans en avoir fait jamais partie.
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