Les forces nucléaires françaises à l’ère des raids longue distance

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Le ministère des armées a marqué vendredi sur la base de Saint-Dizier les 55 ans de l’« alerte permanente » des forces aériennes stratégiques françaises.

Par Publié aujourd’hui à 15h39

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Un Rafale sur la base de Saint-Dizier (Haute-Marne), le 19 mars 2012.
Un Rafale sur la base de Saint-Dizier (Haute-Marne), le 19 mars 2012. FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Pour rejoindre le centre des opérations des forces aériennes stratégiques (FAS) de Taverny (Val-d’Oise), enfoui à 50 mètres sous une forêt près de Paris, il faut franchir l’entrée de la grotte défendue par une épaisse grille à tourniquets pour déboucher sur l’ancienne carrière de gypse, parcourir 500 mètres sous ses hautes voûtes blanches, et passer plusieurs sas sécurisés capables de résister à l’apocalypse. Dans leurs bureaux aveugles, les militaires du « PC Centaure » fêtent ces jours-ci les 55 ans de la « prise d’alerte » nucléaire permanente de l’armée de l’air.

Le 8 octobre 1964, les premiers Mirage-IV armés de la bombe AN11 furent prêts à partir, en quinze minutes, pour un raid nucléaire. Depuis 1964, plus de « 20 000 jours d’alerte » aérienne sont passés.

Dans la doctrine française, la dissuasion repose sur des démonstrations claires à destination de l’adversaire, qu’elles soient techniques, opérationnelles ou politiques. Et cet anniversaire est une occasion d’en réaliser une. La ministre des armées, Florence Parly, s’est rendue sur la base nucléaire de Saint-Dizier (Haute-Marne), vendredi 4 octobre. Il y a un an, de la même manière, la composante océanique de la dissuasion nationale, qui emporte les missiles intercontinentaux M51 dans quatre sous-marins lanceurs d’engins, avait célébré la 500e patrouille effectuée depuis 1972.

« Plus vite, plus haut, plus fort »

« Passer 20 000 jours d’alerte est un jalon majeur », explique le commandant des FAS, le général Bruno Maigret, pour qui la crédibilité des forces est aujourd’hui démontrée. Elle repose sur la « photographie complète » de ses moyens en cours de mise à jour : avions Rafale F3-R, missiles de moyenne portée améliorée ASMP-A, ravitailleur A330 MRTT. Ces derniers commencent à remplacer les vieux Boeing C-135, en service depuis 1964 : après des années de coupes claires dans les budgets, l’armée de l’air attend 12 MRTT d’ici à 2023.

Le missile de croisière à tête thermonucléaire des forces aériennes, mis en service en 2009, est en cours de rénovation « à mi-vie » après « une vingtaine de tirs » – le dernier tir d’évaluation a eu lieu le 4 février. Son successeur ira « plus vite, plus haut, plus fort », assure le général dans une paraphrase olympique, « avec des forces ayant aussi plus de furtivité, une capacité pour nos avions à voler plus bas et plus vite, et des moyens de guerre électronique de très haut niveau ».

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