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C’était la journée la plus attendue du procès sur la comptabilité parallèle du Parti populaire (PP, droite), qui se tient depuis le 8 février à l’Audience nationale, tribunal à compétence nationale, situé en banlieue de Madrid. Les deux anciens chefs du gouvernement espagnol José Maria Aznar (1996-2004) et Mariano Rajoy (2011-2018) ont été appelés à la barre, mercredi 24 mars, pour expliquer ce qu’ils savent de la présumée « caisse B » que le PP aurait maintenue durant plus de vingt ans et qui, depuis qu’elle a été révélée en 2013, n’a cessé d’affaiblir la droite espagnole.
Sans surprise et par vidéoconférence – pandémie oblige –, ils ont nié l’existence de ce système de financement, nourri de dons anonymes de chefs d’entreprise et destiné à payer des « compléments de salaires » aux cadres du parti, selon l’ancien trésorier du PP et principal accusé, Luis Barcenas.
« Le PP n’avait qu’une seule comptabilité, celle qui était présentée au tribunal des comptes », a assuré M. Aznar, un masque sur le visage, bien qu’il se trouvait seul devant son ordinateur, ce qui n’a pas manqué de provoquer les protestations de l’accusation. Hautain, l’ancien premier ministre s’est permis pour sa part de reprocher aux avocats d’être, pour l’un, membre du Parti socialiste, pour l’autre, avocat de l’ex-président du gouvernement catalan, Carles Puigdemont. Une manière de chercher à discréditer les graves accusations qui planent sur le mode de financement du PP.
« Confession » au parquet anticorruption
Accusé par M. Barcenas d’être un « parfait connaisseur » de la « caisse B » et d’avoir détruit devant lui, dans une broyeuse, des documents faisant état des mouvements opérés avec celle-ci, M. Rajoy a lui aussi nié en bloc. « Je n’ai pas trituré ce que je n’ai jamais eu entre les mains. C’est métaphysiquement impossible », a plaidé l’ancien chef du gouvernement.
Sa chute, en 2018, est liée à cette « caisse noire », dont l’existence a été accréditée par la justice espagnole lors d’un autre procès pour corruption, l’affaire Gurtel, « un authentique et efficace système de corruption institutionnelle au travers d’un mécanisme [d’attribution] de contrats publics ». A l’époque, ce jugement avait motivé le dépôt d’une motion de défiance contre M. Rajoy par le socialiste Pedro Sanchez, qui avait ainsi pris le pouvoir par surprise.
Presque trois ans plus tard, M. Rajoy assure toujours que les fameux « papiers de Barcenas » – une liste de noms correspondant aux principaux cadres du parti de l’époque et de sommes d’argents écrites à la main par celui qui fut gérant et trésorier du PP entre 1988 et 2009 – sont « faux ».
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