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Une victoire pour la Maison Blanche ne suffira pas à Joe Biden. Pour pouvoir appliquer un programme ambitieux, il devra en effet disposer du soutien d’un Congrès divisé entre une Chambre démocrate et un Sénat républicain. Donald Trump a affiché son assurance lors du dernier débat présidentiel, le 22 octobre, en affirmant que le Parti républicain sera en mesure de reprendre la majorité au sein de la première, au soir du 3 novembre. Un objectif ambitieux au regard d’une carte électorale défavorable au Grand Old Party.
Lundi 2 novembre, le Cook Political Report, l’un des sites de référence de la politique américaine, a d’ailleurs modifié une nouvelle fois ses pronostics dans un sens favorable aux démocrates. Ces modifications ont reflété le sentiment généralement partagé par les experts électoraux qui s’attendent à ce que le Parti démocrate conserve, le 3 novembre, sa majorité à la Chambre basse. Selon le Cook Political Report, les démocrates pourraient même l’augmenter de cinq à quinze sièges.
« Renouveler le rêve américain »
Avec 232 sièges contre 198 au Parti républicain, les démocrates disposent d’une marge significative. Elle est renforcée par le fait que seuls neuf de leurs élus ne se représentent pas en 2020 contre 26 républicains. Le statut de sortant est considéré comme un atout dans une assemblée qui est entièrement soumise à réélection tous les deux ans. Les républicains doivent remporter une vingtaine de circonscriptions, compte tenu de sièges pour l’instant vacants, afin de provoquer une alternance. Alors que la majorité est fixée à 218 sièges, le Cook Political Report en accorde pour l’instant 229 aux démocrates, dont 193 « solidement démocrates » (contre 153 républicains), 18 « probablement démocrates » (contre 12 républicains) et 18 « plutôt démocrates » (contre 14 républicains). Vingt-six sièges sont considérés comme indécis, dont 9 démocrates et 17 républicains.
Quatre sièges républicains où le sortant ne se représente pas sont d’ores et déjà promis au Parti démocrate, au Texas, en Caroline du Nord et en Géorgie. Ces bascules, si elles se confirment, s’inscriraient dans le mouvement engagé lors des élections de mi-mandat qui a vu les zones périurbaines se tourner vers les démocrates, souvent à travers la candidature de femmes. Le Parti républicain avait perdu 41 circonscriptions à cette occasion.
Le chef de la minorité républicaine de la Chambre, Kevin McCarthy (Californie), a bien présenté, à la mi-septembre, une feuille de route pour reconquérir le maillet, le symbole du speaker (président) de la Chambre basse, détenu par Nancy Pelosi (Californie). Les principaux thèmes de cet agenda républicain se veulent ambitieux : « Restaurer notre mode de vie », « Reconstruire la plus grande économie de l’histoire » et « Renouveler le rêve américain ». Ils n’ont cependant pas le souffle du « Contrat avec l’Amérique » promu par Newt Gingrich, en 1994, qui avait permis la conquête de la Chambre sur une ligne très idéologique.
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