les critiques montent en Suède sur la gestion de la crise

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L’épidémiologiste en chef de la Suède, Anders Tegnell, le 3 juin à Stockholm.
L’épidémiologiste en chef de la Suède, Anders Tegnell, le 3 juin à Stockholm. TT NEWS AGENCY / REUTERS

Depuis début mars, les Suédois ont pris l’habitude de se réveiller au son de la voix d’Anders Tegnell. Mercredi 3 juin, au petit matin, l’épidémiologiste en chef du pays était encore interviewé sur la radio publique. Surprise : pour la première fois, l’architecte de la stratégie suédoise face à la pandémie concède que son pays, qui n’a pas opté pour le confinement mais pour des recommandations, aurait dû prendre des mesures plus restrictives pour lutter contre le SARS-CoV-2.

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« Si nous faisions face à la même maladie, avec tout ce que nous savons aujourd’hui, je pense que nous nous retrouverions à mi-parcours entre ce que la Suède et le reste du monde ont fait », déclare-t-il. A la question de savoir si trop de Suédois sont morts prématurément, il acquiesce : « Oui, absolument. » Sur ce qu’il aurait fallu faire différemment, néanmoins, l’épidémiologiste reste vague : comme les autres pays ont tout fermé d’un coup, « on ne sait pas vraiment quelles mesures ont eu le meilleur effet », explique-t-il.

De la part de celui qui n’a cessé de défendre l’approche suédoise, ne se privant pas de critiquer le confinement, le propos étonne. Ce n’est pourtant pas un aveu d’échec. A la conférence de presse quotidienne de 14 heures, M. Tegnell maintient que la stratégie adoptée par son pays était « la bonne », même s’il reconnaît, par exemple, que les maisons de retraite, où vivaient près de la moitié des victimes suédoises du Covid-19, auraient dû être mieux protégées.

La confiance s’érode

Mais la polémique est lancée. Sur Facebook, la leader du parti Chrétiens-démocrates, Ebba Busch s’engouffre dans la brèche : « Beaucoup – peut-être des milliers – de gens sont morts sans que le gouvernement fasse tout ce qu’il pouvait pour l’empêcher », s’insurge-t-elle. Agacée, Lena Hallengren, la ministre sociale-démocrate des affaires sociales, remarque que M. Tegnell « ne peut toujours pas donner une réponse exacte concernant les mesures qui auraient dû être mises en place ».

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L’épisode suscite la confusion. D’autant qu’il y a quelques jours à peine, le 1er juin, Anders Tegnell affirmait qu’il fallait attendre l’automne pour commencer à faire le bilan : « On verra alors très clairement quels pays ont bien réussi et lesquels ont moins bien réussi », déclarait-il, laissant entendre que le royaume ferait partie des bons élèves, contrairement aux pays ayant confiné, risquant une violente seconde vague.

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