Les cerveaux du « blob » planchent sur la politique étrangère de Joe Biden

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Joe Biden lors du dernier débat avec Donald Trump avant l’élection du 3 novembre, à Nashville (Tennessee), le 22 octobre.

Le scénario d’un retour aux affaires internationales des Etats-Unis est défendu par une partie du « blob », selon la formule dédaigneuse utilisée par l’un des conseillers de Barack Obama, Ben Rhodes. Ce dernier avait eu recours à ce terme désignant une substance informe et visqueuse pour qualifier le microcosme qui rassemble, à Washington, les membres des cercles de réflexion qui peuplent les administrations selon leur couleur. Ce « blob » espère prendre sa revanche après la présidence Trump, qui l’a tenu à la lisière du pouvoir, au prix d’une profonde et durable désorganisation de l’administration américaine, privée de ses meilleurs praticiens.

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Le site Foreign Policy a raconté, en juillet, la mobilisation de ce « blob », assurant que 2 000 experts travaillaient déjà aux fondations d’une politique étrangère de Biden en cas de victoire de celui-ci à la présidence. Des figures connues incarnent ce cap diplomatique, comme Antony Blinken, Julie Smith, Brian McKeon, Avril Haines ou Jake Sullivan. La plupart de ces experts ont travaillé avec l’ancien vice-président sur les questions de sécurité et de politique étrangère pendant les deux mandats de Barack Obama (2009-2017). A ceux-là s’ajoutent les chevronnés Tom Donilon, Susan Rice et les cofondateurs du Center for a New American Security, Michèle Flournoy et Kurt Campbell. Tous ont occupé de hautes fonctions dans la précédente administration démocrate en matière de renseignement, de diplomatie ou de défense.

Antony Blinken, alors secrétaire d’Etat adjoint, lors d’une rencontre avec Massoud Barzani, président du gouvernement régional du Kurdistan, le 15 septembre 2016, à Erbil.

Apaiser l’administration

S’il tient sa promesse d’être un passeur pour une nouvelle génération, Joe Biden pourrait nommer un ancien rival de la course à l’investiture démocrate, Pete Buttigieg, pas encore quadragénaire, au département d’Etat. Ou bien se tourner vers le vivier du Sénat et des figures comme Chris Murphy (Connecticut) ou Chris Coons (Delaware), tous les deux membres de la commission des affaires étrangères.

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Joe Biden, qui milite depuis le début de sa campagne pour une administration apaisée, respectueuse des différences mais soucieuse des compétences, dispose sans doute d’une possibilité d’ouverture en direction des républicains en politique étrangère. Ce domaine est plus propice aux initiatives bipartisanes que les questions intérieures américaines. Un front bipartisan s’est d’ailleurs manifesté pendant le mandat de Donald Trump sur la relation à la Russie et à l’Arabie saoudite, pour s’opposer à la mansuétude du président à l’égard d’un pays considéré comme un adversaire, et d’un autre peu soucieux des conséquences de la guerre menée au Yémen ou de l’impact créé par l’assassinat et la disparition macabre, en 2018, du journaliste dissident Jamal Khashoggi.

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