Les Britanniques du Rhône dans la nasse du Brexit

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Campagne d’information à destination des Britanniques, le 17 octobre 2019.

Rester ou partir ? Telle est la question shakespearienne qui fait chavirer le cœur des Britanniques de France. Depuis l’annonce du Brexit, ils sont de plus en plus nombreux à effectuer les démarches administratives pour rester sur le sol hexagonal. Au total, 11 603 naturalisations ont été validées depuis quatre ans. Plus de 49 000 demandes de titre de séjour ont été enregistrées au cours de ces deux derniers mois.

« J’ai été tellement triste en apprenant que mon pays avait voté la sortie de l’Europe. Le 23 juin, c’était l’anniversaire de ma fille, quel cadeau ! », confie Sarah Green, 56 ans, habitante de la région lyonnaise, en allusion à la date du référendum de 2016. « Je suis arrivée en France le 1er janvier 1993, le jour de l’entrée en vigueur du traité de Maastricht », se souvient cette mère de trois enfants.

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Le Brexit a brutalement ébranlé les certitudes de cette ancienne journaliste devenue communicante, qui a débuté sa carrière au siège d’Euronews à Lyon. « Pour moi, une boîte de Pandore s’ouvrait. Si cela était possible, alors où allait-on ? », interroge Sarah, ajoutant : « Quelque chose a changé dans ma tête, le curseur s’est déplacé. Avant, je me sentais un peu étrangère, comme une visiteuse en France. Mes enfants se sentent davantage français. Le Brexit m’a éloigné de l’Angleterre, je me suis sentie trahie. »

Demandes multipliées par dix

Sarah a décidé de demander la nationalité française. Deux ans de procédure, pour rassembler les pièces du dossier, passer des tests de langue et de culture, jusqu’à la cérémonie officielle à la préfecture, « très agréable ». Les demandes de naturalisation des Britanniques en France ont été multipliées par plus de dix au cours des cinq dernières années. En 2019, 4 115 ressortissants britanniques sont devenus citoyens français, contre 386 en 2015, l’année précédant le référendum sur la sortie de l’Europe. Les ex-Britanniques représentent 4,07 % des 101 079 des naturalisés français, contre 0,43 % en 2015, selon les chiffres du ministère de l’intérieur.

Tim Hughes, 52 ans, a reçu son certificat de naturalisation le 10 mars, juste avant le confinement. « Nos pays se sont fait la guerre durant mille ans, ils ont créé la paix en 1945, on voudrait anéantir tout cela ? En devenant français, je garde mon idéal européen », confie l’avocat, qui a exercé en Angleterre, puis à Lyon à partir de 2005.

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