Les Boliviens ont voté dans le calme pour élire leur nouveau président

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Les bureaux de vote ont commencé à fermer à 17 heures locales (23 heures en Suisse), ont constaté des journalistes de l’AFP. Ils peuvent toutefois rester ouverts encore une heure quand des électeurs patientent à l’extérieur.

Après une année de grave crise politique marquée par la démission du dirigeant de gauche Evo Morales, les Boliviens ont voté dans le calme, dimanche 18 octobre, pour élire leur président dans un pays pourtant fortement polarisé.

« La journée s’est déroulée dans la tranquillité dans tout le pays jusqu’à maintenant », a précisé dans un communiqué le vice-ministre à la sécurité, Wilson Santamaria, évoquant quelques incidents isolés.

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Le protocole sanitaire lié à la pandémie de coronavirus, imposant notamment une distanciation physique, a néanmoins ralenti le processus de vote, certains électeurs ayant dû parfois patienter plus de deux heures pour accomplir leur devoir de citoyen, selon un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP).

Aucun résultat préliminaire ne sera divulgué

Pour la première fois depuis 20 ans, Evo Morales, emblématique dirigeant de la gauche sud-américaine, n’est pas candidat à la présidence. Son dauphin et ex-ministre de l’économie, Luis Arce, 57 ans, candidat pour le Mouvement vers le socialisme (MAS), et son principal rival, l’ex-président centriste Carlos Mesa, 67 ans, sont les favoris parmi six candidats. Cependant les résultats ne devraient pas être connus rapidement : le tribunal électoral a fait savoir samedi que, pour éviter de générer des tensions, aucun résultat préliminaire ne serait divulgué.

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« Nous n’aurons pas le résultat officiel et final dimanche soir. Nous allons nous donner quelques heures de plus, et il est important que les citoyens fassent preuve de patience car le résultat sera fiable, quoiqu’un peu plus lent », a justifié son président, Salvador Romero.

« Nous devons tous avoir de la patience pour attendre les résultats et ne pas provoquer de violences », a déclaré la présidente intérimaire dans une allocution télévisée après la fermeture des bureaux de vote. « Je vous assure que nous allons avoir des résultats crédibles. »

Cette suspension de dernière minute « n’est pas très judicieuse » car « cela pourrait générer des doutes » sur les résultats, a estimé M. Arce, qui arrive en tête des intentions de vote au premier tour, selon les derniers sondages.

« Ce n’est pas idéal, mais nous comprenons que [le tribunal électoral] a choisi cette voie pour garantir la sûreté absolue du vote et surtout le décompte officiel » des voix, a réagi M. Mesa, qui a voté un quartier résidentiel de la capitale.

Crainte d’une répétition des violences

Quelque 7,3 millions de Boliviens sont appelés à élire leur président, mais aussi leur vice-président, et à renouveler l’ensemble du Parlement, actuellement dominé par le MAS. De facto, ce scrutin mettra fin au gouvernement intérimaire dirigé par la conservatrice Jeanine Áñez. Elle a retiré sa candidature face aux fortes critiques sur sa gestion de la pandémie, qui a fait plus de 8 400 morts dans ce pays de 11 millions d’habitants.

Pour assurer la transparence du scrutin, la composition du tribunal électoral a été renouvelée. Des observateurs ont été dépêchés par l’Organisation des Etats américains (OEA), l’Union européenne (UE), l’Union des organisations électorales d’Amérique (UNIORE) et la Fondation Carter. L’ONU, l’UE et l’Eglise catholique ont appelé à un vote « pacifique » et au respect des résultats.

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Depuis l’Argentine où il est réfugié, Evo Morales, qui ne pouvait pas se représenter, a lui-même lancé dimanche un appel pour que « le résultat des élections soit respecté par tous ». « Il est très important que tous les Boliviens et tous les partis politiques attendent calmement que chaque vote (…) soit pris en compte », a déclaré M. Morales.

De nombreux Boliviens craignent toutefois une répétition des violences qui avaient fait 36 morts l’an dernier. Ils se sont rués ces derniers jours dans les commerces pour s’approvisionner en nourriture, gaz et essence.

En 2019, le dépouillement avait été suspendu pendant plus de 20 heures. A sa reprise, Evo Morales avait été déclaré vainqueur dès le premier tour. L’opposition avait dénoncé des fraudes et des heurts avaient eu lieu entre partisans et détracteurs du MAS dans plusieurs villes du pays. Lâché par la police et l’armée, Evo Morales avait finalement démissionné.

Le Monde avec AFP

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