Les Baléares déclarent la guerre au « tourisme de la cuite »

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La rue de Punta Ballena à Magaluf, à Majorque, en août 2014.
La rue de Punta Ballena à Magaluf, à Majorque, en août 2014. ENRIQUE CALVO / REUTERS

LETTRE DE MADRID

Fini les excursions éthyliques (pubcrawling) sur les plages de l’Arenal, de Palma ou de Magaluf à Majorque. Fini aussi celles dans le West End de Sant Antoni à Ibiza. Ces plages des Baléares, qui chaque année, à l’ouverture de la saison estivale, deviennent synonymes de débauche, doivent changer de visage. Plus de formules « alcool à volonté », d’happy hours, de publicités qui incitent à boire ou de vente de boissons alcoolisées dans des distributeurs automatiques…

Pour enrayer ce que le gouvernement des Baléares appelle familièrement le « tourisme de la cuite » ou de manière plus protocolaire « tourisme des excès », le Parlement régional vient d’approuver, lundi 3 février, un décret-loi de l’exécutif régional socialiste qui se veut suffisamment restrictif pour réorienter l’offre hôtelière vers un « tourisme de qualité ». En cas d’infractions, les amendes peuvent atteindre jusqu’à 600 000 euros et inclure la fermeture des locaux pendant un à trois ans.

Dès à présent, dans les points les plus chauds de Majorque et Ibiza, la vente d’alcool est interdite dans les commerces entre 21 h 30 et 8 heures du matin. Les hôtels ne peuvent plus inclure dans leurs formules « tout compris » que trois boissons par personne au déjeuner comme au dîner. Les bars devront vendre l’alcool à l’unité, sans offre 2 pour 1 ou 3 pour 1. Et plus question, pour vendre des boissons, d’utiliser les femmes comme appât, en offrant des défilés de lingerie aux consommateurs ; ou pire, des concours de fellations où les jeunes filles sont récompensées par de l’alcool à volonté.

« Bruit, bagarres, plages sales »

Le balconing, cette étrange mode, particulièrement en vogue chez les touristes britanniques, qui consiste à sauter de balcon en balcon ou du balcon dans la piscine de l’hôtel, avec son lot annuel de morts et de blessés grave, est interdit sur tout le territoire des Baléares, sous peine d’expulsion immédiate et d’amendes allant de 6 000 à 60 000 euros.

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Enfin, plus aucun permis ne sera concédé aux party boats durant les deux prochaines années, le temps d’élaborer une nouvelle loi sur les activités nautiques qui régulera mieux ces embarcations où la musique est à fond et où l’alcool coule à flot. En attendant, ceux qui ont l’autorisation d’opérer ont interdiction de débarquer leurs passagers dans les zones de l’archipel les plus touchées par ces débordements.

« Bruit, bagarres, plages sales… Le tourisme des excès dégrade l’image des Baléares et crée de l’insécurité et des dérangements aux résidents. Nous faisons un pas en avant fondamental pour l’éradication de ces comportements inciviques en approuvant la première norme européenne contre le tourisme de cuite », s’était félicitée sur Twitter la présidente du gouvernement des Baléares, Francina Armengol, le 17 janvier, lors de la présentation du décret-loi.

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