[ad_1]
L’affiche, qui oppose le socialiste Igor Dodon et la réformiste Maia Sandu, pourrait n’être qu’une simple réédition de la campagne présidentielle de 2016. Pourtant, le scrutin qui se tient en Moldavie, dimanche 1er novembre, est à haut risque, les deux camps évoquant ouvertement la possibilité de troubles post-électoraux. La tension tient notamment au fait que le sortant, Igor Dodon, 45 ans, est tout sauf assuré de sa réélection, talonné dans les sondages par Maia Sandu, 48 ans, ancienne première ministre. Un second tour le 15 novembre est probable.
Le paysage politique moldave s’est surtout singulièrement éclairci, ce qui simplifie la lecture de cette élection : M. Dodon incarne sans ambiguïté une ligne prorusse, pendant que Mme Sandu est une pro-européenne convaincue. « Les candidats évoquent tous deux une politique étrangère équilibrée, multivectorielle, mais l’affrontement est bien géopolitique », confirme Dionis Cenusa, chercheur à l’université Justus-Liebig, en Allemagne. L’opposition entre Est et Ouest est une constante de la politique de ce pays aux identités multiples, roumanophone et russophone.
La clarté du choix posé aux électeurs est aussi le résultat de la chute, en 2019, de l’oligarque Vladimir Plahotniuc, qui fut, pendant près de dix ans, la figure dominante de la scène politique moldave, en plus d’être l’homme le plus riche du pays. En se présentant comme pro-européen tout en mettant en coupe réglée les institutions du pays, M. Plahotniuc a divisé le camp libéral et suscité de nombreux conflits avec Bruxelles, malgré la signature d’un accord d’association en 2014.
« Justice indépendante »
La chute de M. Plahotniuc a été obtenue par une alliance improbable entre les deux concurrents du jour, Igor Dodon et Maia Sandu. L’oligarque a dû fuir, d’abord aux Etats-Unis puis en Turquie. Ses actifs font l’objet de multiples batailles juridiques et cet homme, qui avait pour habitude de se payer comptant députés et juges, ne dispose pas même d’un candidat pour le représenter lors du scrutin.
Fait rare, cette discrète révolution a aussi été permise par un consensus inédit entre Moscou, Bruxelles et Washington. Seulement, cette idylle géopolitique n’a pas duré, et à Chisinau, la capitale, les vieux réflexes ont aussi rapidement pris le dessus. Nommée première ministre, Maia Sandu, formée à Harvard et passée par la Banque mondiale, a été renversée par les socialistes lorsqu’elle a défendu la nomination d’un procureur général indépendant, premier pas pour s’attaquer aux fondements du système oligarchique et kleptocratique.
Il vous reste 56.92% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment:
