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Les femmes ont choisi Joe Biden. Mais sans plus. Selon les sondages sortis des urnes, 56 % d’entre elles ont voté démocrate, contre 43 % qui ont choisi le candidat républicain, soit un écart de 13 points. Il y a quatre ans, 39 % d’entre elles avaient fait confiance à M. Trump, contre 54 % qui avaient apporté leur vote à la démocrate Hillary Clinton, soit une différence équivalente. Ce résultat est en deçà du basculement espéré par les démocrates. Avant l’élection, Joe Biden était crédité d’une avance de 20 points dans cet électorat.
La surprise provient du vote masculin : les hommes, eux, ont voté à peu près à égalité pour chacun des deux candidats – 49 % pour Trump, 48 % pour Biden. Un retournement important par rapport à 2016, quand le républicain avait surperformé chez les hommes (52 %), alors que son adversaire démocrate n’en avait convaincu que 41 %.
Donald Trump, en dépit des déclarations de son entourage dans les derniers jours de la campagne, qui affirmaient que les femmes « revenaient » dans le camp trumpiste, n’a donc pas convaincu suffisamment d’Américaines pour s’imposer auprès de cet électorat. En 2016, le président avait notamment séduit les femmes blanches non diplômées et les plus âgées. Loin d’être un électorat homogène, les femmes avaient en effet voté différemment en fonction de leurs origines et de leur niveau d’éducation. Ainsi, 47 % des femmes blanches, mais moins de 1 % des femmes noires et 28 % des hispaniques avaient choisi Trump. Les électrices non diplômées avaient constitué le gros des troupes féminines trumpistes (61 %). Cette fois, dans cette population, une égalité à 49 % pour chaque candidat apparaissait dans les intentions de vote.
Inquiétudes sanitaires et économiques
Gagner la confiance des femmes constituait un enjeu majeur de ce scrutin : elles représentent plus de la moitié du corps électoral (53 %) et, surtout, ont tendance à voter davantage que les hommes. En 2016, 63 % des électrices potentielles avaient voté, contre 59 % des hommes. Lors des élections de mi-mandat, en 2018, elles s’étaient aussi plus fortement mobilisées que les électeurs (55 % contre 51,8 %), selon le Pew Research Center.
La difficulté de M. Trump à attirer le vote féminin avait été anticipée. Au-delà des critiques sur son sexisme ou des accusations d’agressions sexuelles, de ses propos grossiers à l’encontre de ses opposantes féminines, M. Trump a sans doute laissé échapper une partie de l’électorat féminin au cours des derniers mois. Sa gestion de la pandémie et son refus d’admettre la gravité de la maladie, alors que plus de 230 000 personnes en sont mortes, ont pu inquiéter les femmes, souvent en première ligne dans les foyers sur les questions de santé.
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